Une résidence chorégraphique originale à Uzès
La Maison Danse d'Uzès, centre de développement chorographique national (CDCN) en Occitanie, accueille une résidence artistique particulièrement innovante du 20 au 26 avril 2026. Cette initiative, menée en partenariat avec la ville d'Uzès, se déroulera dans l'école du Parc, transformant ainsi un espace éducatif en laboratoire chorégraphique.
L'adaptation d'une œuvre historique
L'artiste Laurent Pichaud entreprend une adaptation remarquable de Le Saut de l'ange, œuvre chorégraphique créée en 1987 par Dominique Bagouet et Christian Boltanski. Ce projet s'inscrit dans le cadre des Carnets Bagouet, site de ressources dédié à ce chorégraphe disparu, et vise à explorer comment des matériaux chorégraphiques historiques peuvent résonner dans des contextes contemporains radicalement différents.
La particularité de cette adaptation réside dans son ancrage générationnel. Laurent Pichaud travaille avec les interprètes d'origine de la pièce, aujourd'hui âgés d'environ soixante ans en moyenne. Cette approche intergénérationnelle permet d'interroger profondément les notions de transmission, de continuité et d'adaptation physique et imaginaire.
Une cour d'école comme espace chorégraphique
Le choix de la cour de l'école du Parc comme lieu de création n'est pas anodin. Laurent Pichaud explique que cet environnement permet de « rencontrer et déployer le contexte de l'enfance ». Les costumes de déguisement issus de malles de grenier, éléments centraux des portraits chorégraphiques originaux, prennent une résonance particulière dans ce cadre scolaire.
« Travailler avec une telle maturité d'interprètes permet justement d'affirmer le site des cours d'école comme un lieu dynamique où les questions d'âge, de continuité, de transmission et donc d'adaptation physique, tonique, et imaginaire peuvent trouver un terrain d'expérimentation et d'épanouissement fécond », précise l'artiste.
Une démarche artistique engagée
Cette résidence s'inscrit dans une démarche plus large que Laurent Pichaud développe depuis une quinzaine d'années. L'artiste cherche constamment à inscrire le geste chorégraphique dans des espaces non spécifiquement artistiques, développant des projets de territoire qui impliquent activement les habitants.
Cette approche lui permet de redéployer sa place d'artiste dans la société tout en abordant des questions sociétales fondamentales : Comment les savoirs issus de la danse et de la chorégraphie peuvent-ils nourrir des champs sociaux, sociétaux et politiques habituellement éloignés des pratiques artistiques ?
Un parcours artistique pluriel
Parallèlement à ce travail d'adaptation, Laurent Pichaud a mené un important travail de traduction avec la chorégraphe américaine Deborah Hay, aboutissant à la publication de Mon corps, ce bouddhiste aux Presses du réel en 2017. Ces pratiques chorégraphiques élargies lui ont permis de maintenir une activité artistique diversifiée :
- Interprète sur différentes scènes nationales et internationales
- Chorégraphe développant des projets innovants
- Pédagogue transmettant son savoir-faire
- Chercheur universitaire approfondissant les dimensions théoriques de la danse
Cette résidence à La Maison Danse d'Uzès représente ainsi une nouvelle étape dans cette exploration constante des frontières de la pratique chorégraphique, démontrant comment la danse peut devenir une véritable pratique civique et sociale.



