Les Ballets de Monte-Carlo renouent avec les « Miniatures » : un bouquet chorégraphique réjouissant
Les Ballets de Monte-Carlo renouent avec les « Miniatures »

Les Ballets de Monte-Carlo renouent avec les « Miniatures » : un bouquet chorégraphique réjouissant

Lorsque le Printemps des arts et les Ballets de Monte-Carlo unissent leurs forces, il en résulte des moments d'exception. En 2004, un spectacle intitulé « Miniatures » avait permis à sept jeunes compositeurs de créer des pièces musicales, ensuite chorégraphiées par Jean-Christophe Maillot, le directeur emblématique de la compagnie des Ballets de Monte-Carlo. Vingt-deux ans plus tard, cette expérience audacieuse et innovante a été renouvelée avec un succès tout aussi éclatant.

Six ballets courts sous le regard princier

Ce jeudi, six ballets courts, vifs et ciselés ont vu le jour sous le regard attentif du prince Albert II et de la princesse Caroline de Hanovre. Deux de ces chorégraphies, créées il y a plus de deux décennies, ont été reprises avec brio. Elles s'appuient sur des musiques exubérantes de Ramon Lazkano et Bruno Mantovani, la première caractérisée par une limpidité remarquable, l'autre évoquant avec force la marche inexorable du temps, ce fil qui nous tire du berceau vers la vieillesse.

Les quatre autres ballets sont des créations originales, présentant ainsi quatre œuvres musicales nouvelles en une seule soirée. Cet exploit artistique majeur doit être salué et crédité au Printemps des arts de Monaco, démontrant une fois de plus son rôle essentiel dans la promotion de la création contemporaine.

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Des conditions optimales pour la création

Toutes les conditions étaient réunies pour assurer le succès de ces créations. L'excellence incontestable des Ballets de Monte-Carlo, dont la qualité technique et artistique des danseurs magnifie chaque mouvement, a été parfaitement complétée par la valeur exceptionnelle de l'Ensemble orchestral contemporain. Sous la direction précise et inspirée de Bruno Mantovani, cet ensemble a fait preuve d'une précision et d'une efficacité remarquables, offrant un accompagnement musical de très haut niveau.

Les anciens danseurs à l'honneur

Les chorégraphes de ces nouvelles pièces sont quatre anciens danseurs des Ballets de Monte-Carlo, apportant ainsi une profondeur et une connaissance intime de la compagnie. Bruno Guérin a fait jaillir une danse vive, presque rieuse, sur les pulsations nerveuses et entraînantes de la musique de Martin Matalon. Francesco Nappa a, quant à lui, façonné sa chorégraphie en grappes humaines mouvantes et recommencées, évoluant avec grâce au-dessus de la musique répétitive et envoûtante de Violeta Cruz.

Jeroen Verbruggen, rêveur indocile et audacieux, a osé enfermer deux danseuses dans un même tutu, sur la partition foisonnante et riche d'Aurélien Dumont, une musique qui « transforme Schubert, Bach ou Wagner en animaux sauvages ». Mais c'est finalement Mimoza Koike qui a le plus touché le public, avec une chorégraphie subtile et émouvante sur la musique de Misato Mochizuki, un tuilage délicat de notes et de rythmes.

Un hommage poignant aux « grands anciens »

Voulant rendre un hommage sincère et profond aux « grands anciens » des Ballets de Monte-Carlo, Mimoza Koike a réussi à les convaincre de remonter sur scène. Francesca Dolci Annabelle Salmon, Gaëtan Morlotti et Asier Uriagereka, entourant la soliste Bernice Coppieters, ont offert un moment d'une grâce intacte et d'une émotion rare. Leur présence sur scène a la douceur touchante et précieuse des souvenirs retrouvés, rappelant la richesse du patrimoine chorégraphique de la compagnie.

Le temps passe, le spectacle continue

Le temps passe inexorablement, et pour certains, il s'arrête trop tôt. Le peintre Philippe Favier, qui a tragiquement perdu la vie dans un accident de voiture le mois dernier, laisse derrière lui le rideau de scène du spectacle, orné de dessins dansants sur un fond noir. Mais, comme le veut la tradition du théâtre, le rideau, même chargé de deuil, se relève toujours. Et le spectacle, porteur de vie et de création, continue.

Les représentations se poursuivent à l'Opéra de Monaco ce samedi à 19 h 30 et dimanche à 15 h. Les tarifs varient de 15 à 39 euros, offrant ainsi un accès à ce moment artistique exceptionnel. Pour toute information ou réservation, le public peut composer le 92.00.13.70.

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