« Zazie dans le métro » : le chef-d'œuvre subversif de Louis Malle à revoir ce soir
« Zazie dans le métro » : le film subversif de Louis Malle

« Zazie dans le métro » : un joyau cinématographique à redécouvrir ce soir

Ce soir, la chaîne Ciné+ Classic diffuse à 22h30 l'un des films les plus emblématiques du cinéma français : « Zazie dans le métro » de Louis Malle. Cette adaptation survoltée du roman éponyme de Raymond Queneau, sortie en 1960, conserve toute sa fraîcheur et sa pertinence plus de soixante ans après sa création.

Une adaptation fidèle et audacieuse

Après des œuvres plus sérieuses comme « Ascenseur pour l'échafaud » et « Les Amants », Louis Malle a manifestement voulu s'amuser en réalisant ce qu'on pourrait qualifier de cartoon Nouvelle Vague. Pourtant, le film ne se réduit pas à une simple succession de personnages extravagants et de courses-poursuites burlesques. Il respecte scrupuleusement l'esprit du roman de Queneau tout en y injectant une énergie cinématographique unique.

Des personnages anticonformistes et avant-gardistes

Au cœur de l'histoire se trouve le couple formé par Tonton Gabriel, interprété par Philippe Noiret, et Albertine, jouée par Carla Marlier. Gabriel, bien qu'imposant physiquement, travaille comme danseuse espagnole dans un cabaret transformiste, suscitant l'interrogation naïve de Zazie : « Est-il hormosessuel ? ».

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Albertine, quant à elle, est une créature à la beauté irréelle que Malle filme avec une étrangeté délibérée. Éclairée par des spots rouges et bleus, se déplaçant au ralenti comme en lévitation, parlant d'une voix enchanteresse, elle incarne une transsexualité suggérée avec subtilité dans une France encore très conservatrice. À la fin du film, lorsque la mère de Zazie l'appelle « Albert » et que la fillette lui lance un « Au revoir monsieur », la vérité du personnage s'impose sans avoir été nommée explicitement.

Zazie : une pionnière des droits des enfants

Le personnage de Zazie, interprété avec brio par la jeune Catherine Demongeot, représente une figure précoce de la défense des droits des enfants. Dans le film, elle est harcelée par ce qu'on qualifierait aujourd'hui de pédophile, qui tente de la séduire avec la promesse d'une paire de « bloudjinnzes ». Mais Zazie, consciente des intentions malsaines du personnage, fait preuve d'une maturité surprenante.

Le roman de Queneau allait encore plus loin en évoquant explicitement les abus subis par Zazie de la part de son propre père, et la réaction violente de sa mère. Face à la censure cinématographique de l'époque, Louis Malle a trouvé une solution ingénieuse : faire parler Zazie à l'envers dans certaines scènes, pointant ainsi une vérité impossible à exprimer directement dans la France des années 1960.

Une œuvre toujours d'actualité

Ce qui rend « Zazie dans le métro » si remarquable, c'est sa capacité à aborder avec légèreté et intelligence des thèmes qui restent profondément pertinents aujourd'hui : l'identité de genre, la protection des enfants, la liberté individuelle face aux conventions sociales. Le film constitue un témoignage précieux sur une époque tout en résonnant fortement avec nos préoccupations contemporaines.

Ne manquez pas cette occasion de redécouvrir ou de découvrir pour la première fois ce chef-d'œuvre du cinéma français, disponible ce soir sur Ciné+ Classic et à la demande sur myCANAL.

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