Le cinéma iranien dénonce l'oppression masculine avec « Woman and child »
En 2021, le jeune réalisateur iranien Saeed Roustaee, alors âgé de 32 ans et quasi-inconnu, avait marqué les esprits avec son deuxième long-métrage « La Loi de Téhéran ». Ce thriller percutant, centré sur le trafic de drogue, dépeignait la désagrégation progressive de son pays, créant un véritable choc cinématographique.
Une approche plus intimiste mais tout aussi implacable
Avec son quatrième film « Woman and child », Saeed Roustaee adopte une tonalité moins spectaculaire mais conserve un regard implacable sur la société iranienne. Le réalisateur livre un réquisitoire saisissant contre la domination masculine, dévoilant les mécanismes subtils de l'oppression patriarcale.
L'histoire suit Mahnaz, interprétée par Parinaz Izadyar, une infirmière de 45 ans veuve qui élève seule ses deux enfants : son fils Aliyar, fûté mais turbulent, et sa fille Neda. Alors qu'elle s'apprête à refaire sa vie en épousant Hamid, joué par Payman Maadi, un ambulancier affable et conscient de son charme, un accident tragique vient tout bouleverser.
La solitude grandissante face à l'étau patriarcal
Commence alors pour Mahnaz une longue série d'épreuves qu'elle affronte dans une solitude de plus en plus complète. Elle découvre progressivement :
- La duplicité et la dureté d'Hamid
- La nature criminelle de son beau-père, qui agit sous couvert de dévotion religieuse
- L'indifférence de sa famille, qui refuse tout « scandale »
- L'inexistence aux yeux de la justice de son pays
Toutes les portes se referment inexorablement devant elle. L'étau du patriarcat se resserre insidieusement, dans une violence sourde mais sans issue apparente. L'oppression décrite par Roustaee n'a pas besoin d'armes ou d'exécutions spectaculaires : elle s'incarne dans la vie quotidienne, dans la nature même des institutions et des normes sociales.
Une reconnaissance internationale méritée
« Woman and child » a été présenté pour la première fois en France lors du dernier Festival de Cannes, en mai, où il était en compétition. C'est un autre cinéaste iranien, Jafar Panahi, qui a finalement reçu la Palme d'or pour « Un simple accident ». Ces deux figures, le maître Panahi et le jeune Roustaee, représentent un cinéma iranien aussi fin qu'audacieux, capable de dénoncer les injustices tout en préservant une grande qualité artistique.
Le film « Woman and child » de Saeed Roustaee, d'une durée de 2 heures 11 minutes, sort en salles ce mercredi 25 février. Cette œuvre constitue un témoignage poignant sur la condition féminine en Iran et sur la résistance silencieuse d'une mère face à un système oppressif.



