« Vivaldi et moi » : une fiction historique captivante
Le film « Vivaldi et moi », réalisé par Damiano Michieletto, sort en salle le 29 avril. Derrière son titre factuel (la version originale « Primavera » était plus allégorique), cette œuvre brodée autour de l'auteur des « Quatre Saisons » dresse avant tout le portrait d'une jeune orpheline qui, sous l'égide du maître, trouve l'occasion de s'émanciper de sa condition.
Une Venise impitoyable pour les femmes
Dans une Venise où les orphelinats se livrent une concurrence acharnée pour obtenir les faveurs de leurs mécènes en requérant les services des grands compositeurs pour les messes dominicales (Porpora règne alors en maître), Cecilia, la vingtaine, obsédée par la disparition de sa mère, trouve en Vivaldi un modèle d'inspiration. Faisant tout pour refuser le mariage arrangé auquel sa condition la prédestine, la jeune fille, violoniste émérite, cherche sa place.
Un récit sur la sororité et le corps des femmes
Le film est un récit tout en ruptures sur la sororité et le corps (y compris social) des femmes, à une époque où elles ne représentent qu'une valeur marchande. « Vivaldi et moi » séduit par son approche sensible et sa mise en scène soignée. Le réalisateur Damiano Michieletto, interrogé récemment, déclarait : « En tant qu'homme, ça me fait honte que l'indépendance des femmes soit encore piétinée ». Une déclaration qui résonne avec le propos du film.
Un casting convaincant
Tecla Insolia incarne Cecilia avec une justesse remarquable, tandis que Michele Riondino prête ses traits à Vivaldi. Le film dure 1h51 et propose une immersion dans le XVIIIe siècle vénitien, entre musique baroque et luttes sociales.



