Le monde de la musique classique est en deuil. Jean-Bernard Pommier, pianiste et chef d'orchestre de renom, s'est éteint ce week-end à l'âge de 81 ans, des suites d'un cancer. Ancien enfant prodige du piano, il avait marqué de son empreinte le Festival de musique de Menton, qu'il avait dirigé de 2006 à 2008.
Un enfant prodige devenu virtuose
Né en 1944, Jean-Bernard Pommier avait révélé très tôt un talent exceptionnel pour le piano. À 17 ans, en 1962, il devenait le plus jeune finaliste du prestigieux Concours Tchaïkovski de Moscou, un exploit qui le propulsa sur la scène internationale. Sa carrière de soliste l'a ensuite mené aux quatre coins du monde, où il a été acclamé pour sa virtuosité et sa sensibilité.
Un passage remarqué à Menton
En 2006, après une année de direction intérimaire par Jean-Marie Fournier et le passage du violoniste Augustin Dumay, le Festival de Menton confie sa destinée à Jean-Bernard Pommier. Pendant deux ans, il insuffle une nouvelle dynamique à la manifestation. Il constitue notamment un Orchestre du festival composé essentiellement de musiciens venus de Saint-Pétersbourg, qu'il dirige et avec lequel il interprète des concertos pour piano en tant que soliste. On lui doit également la venue au festival de légendes du piano telles que Lang Lang et Grigory Sokolov.
Un hommage à Rostropovitch
Lors de sa deuxième année, en 2007, Jean-Bernard Pommier rend un vibrant hommage au violoncelliste Rostropovitch, récemment disparu. Dans le programme du festival, il écrit : « Ces instants de grâce qu'il nous avait procurés, où l'art nous élève au-dessus de notre condition, nous réconcilie avec la vie et nous fait toucher au divin. » Des mots qui résonnent aujourd'hui pour lui-même.
Un héritage durable
Après son départ en 2008, la direction du festival est reprise par Jean-Marie Tomasi, puis par Paul-Emmanuel Thomas depuis 2012. Mais l'empreinte de Jean-Bernard Pommier reste vivace dans les mémoires mentonnaises. Il a su faire vibrer les grandes nuits musicales du Parvis Saint-Michel, laissant derrière lui le souvenir d'un artiste complet, à la fois pianiste, chef et directeur.
Jean-Bernard Pommier laisse un vide immense dans le paysage musical français et international. Sa carrière, jalonnée de succès et de moments de grâce, restera une source d'inspiration pour les générations futures.



