En 2006 sortait Vaiana, la légende du bout du monde, signé par les génies de l'animation John Musker et Ron Clements, à qui l'on devait déjà Aladdin, La Petite Sirène et La Princesse et la Grenouille. Une adolescente polynésienne y était choisie par l'océan pour braver les flots et sauver les siens de la famine en affrontant un demi-dieu mégalomane. Son but ? Le contraindre à rendre une pierre à une déesse de la nature pas contente qu'il la lui ait volée.
Un remake en prise de vues réelles dix ans plus tard
Dix ans après le film d'animation, Vaiana revient en prise de vues réelles sous la direction de Thomas Kail, qui a confié le rôle-titre à la dynamique Catherine Laga'aia. Dwayne Johnson, qui doublait Maui, la divinité capricieuse, en anglais, reprend son rôle en chair dorée et en muscles tatoués. Une fois que l'on a constaté l'inutilité de refaire presque plan par plan ce qui avait déjà été très bien fait en animation, l'ensemble correspond à ce que l'on peut en attendre : un produit propre sur lui, qu'on n'imagine pas précisément motivé par la philanthropie ni l'art cinématographique.
Le duo gagnant : Dwayne Johnson écrase tout
Le principal atout de l'ensemble, c'est Dwayne Johnson, à qui l'on donne une belle occasion de cabotiner et qui est ravi de le faire au point d'écraser sa jeune et souriante partenaire. La pauvrette a une voix d'or mais il est impossible de tenir tête au « Rock » quand ce dernier est déchaîné, et là, il l'est. Répliques qui tuent, humour (gentiment) scatologique et œillades assassines sont au menu du comédien, qui use et abuse de son capital sympathie. Il est le seul à gagner au fait d'être vraiment à l'écran, ne serait-ce que parce qu'il est l'un des rares héros à ne pas être recréé en images de synthèse.
Heihei, le poulet malchanceux en version 2.0
Heihei n'a pas eu cette chance. Les amoureux du film de 2016 n'ont pas oublié le poulet le plus bête de la galaxie. Ce volatile à la crétinerie cataclysmique tombe dans tous les pièges au sens propre et gobe des cailloux trop gros pour lui comme s'il s'agissait de friandises. On l'adore comme faire-valoir d'une héroïne débrouillarde, même si sa version 2.0 n'est pas vraiment très réussie.
La supériorité de l'animation sur le réalisme
C'est là le paradoxe de ce nouveau Vaiana. Ce qui passe en animation est beaucoup moins amusant et naturel quand on tente de le rendre réaliste. Et cela vaut aussi pour cette volaille gaffeuse, qui reste craquante mais perd une partie de ses expressions dans l'entreprise. Après Aladdin, Blanche-Neige, Le Roi Lion, La Petite Sirène, La Belle et la Bête et Lilo & Stitch, Disney joue de nouveau au poker avec Vaiana. Échecs et succès des adaptations en prises de vues réelles se sont succédé, mais on est plutôt confiant pour ce projet. La beauté des paysages et l'intrépidité de Vaiana sont toujours là, ainsi que des chansons indémodables. Dwayne Johnson et HeiHei font le reste. Mais il est tout de même amusant de se dire que les passages les plus drôles du film sont les animations des tatouages de Maui supervisés par le génie Eric Goldberg. Chassez l'animation et elle revient au galop !



