Une bataille après l'autre domine les Bafta 2026 avec six prix majeurs
La cérémonie des Bafta 2026, tenue à Londres le 22 février 2026, a couronné Une bataille après l'autre, la fresque politique du réalisateur américain Paul Thomas Anderson, comme grande gagnante de la soirée. Le film a remporté six récompenses prestigieuses, incluant les prix du meilleur film, du meilleur réalisateur, du meilleur scénario adapté et de la meilleure photographie. Cette tragicomédie, qui explore la traque d'ex-révolutionnaires par des suprémacistes blancs et fait écho aux actions récentes de la police fédérale de l'immigration aux États-Unis, était nommée dans quatorze catégories, consolidant ainsi son statut de favori pour les Oscars prévus le 15 mars à Los Angeles.
Un appel à l'espoir et à la révolution non violente
Lors d'une conférence de presse suivant sa victoire, Paul Thomas Anderson a souligné l'importance de mener la révolution, sans violence si possible, et a appelé les spectateurs à garder espoir face aux défis contemporains. Son film, acclamé par la critique, résonne avec les tensions politiques actuelles et offre une réflexion profonde sur les guerres intérieures américaines.
Robert Aramayo crée la surprise comme meilleur acteur
Les Bafta, souvent critiqués pour leur manque de mise en valeur des talents britanniques, ont réservé une surprise en décernant le prix du meilleur acteur à Robert Aramayo, âgé de 33 ans, pour son rôle dans I Swear. Peu connu du grand public, Aramayo incarne un jeune homme atteint du syndrome de Tourette dans cette comédie dramatique inspirée de l'histoire de l'Écossais John Davidson. Il a battu des favoris tels que Timothée Chalamet, pressenti pour son rôle dans Marty Supreme, et Leonardo DiCaprio, tête d'affiche d'Une bataille après l'autre. Ému, Aramayo a déclaré aux journalistes : Je n'arrive pas y croire !, exprimant sa joie d'avoir braqué les projecteurs sur un syndrome encore mal compris.
Une soirée glamour marquée par la présence royale
La soirée des Bafta, l'une des plus glamour du calendrier londonien, a attiré de nombreuses stars, dont Leonardo DiCaprio, Jessie Buckley, Emma Stone, Timothée Chalamet et Paul Mescal, qui ont foulé le tapis rouge du centre culturel Southbank sur les rives de la Tamise. Le prince William et la princesse Kate ont également assisté à l'événement, marquant leur première sortie officielle depuis une semaine difficile pour la famille royale, suite à l'arrestation d'Andrew, le frère du roi Charles III, dans l'affaire Epstein. Le prince William a confié à des organisateurs ne pas avoir vu le drame shakespearien Hamnet, en compétition dans onze catégories, citant son état émotionnel.
Palmarès diversifié avec des victoires pour Sinners et Valeur sentimentale
Le drame-fiction Hamnet de Chloé Zhao, qui explore le deuil du couple Shakespeare après la mort de leur fils, est reparti avec seulement deux récompenses : meilleur film britannique et meilleure actrice pour l'Irlandaise Jessie Buckley, âgée de 36 ans et ultra-favorite aux Oscars. Par ailleurs, Sinners de Ryan Coogler, un film à la croisée des genres horreur, blues et drame d'époque, a remporté trois prix aux Bafta, après avoir obtenu un record de seize nominations aux Oscars. L'actrice britannico-nigériane Wunmi Mosaku a été sacrée meilleure actrice dans un second rôle pour ce film teinté de fantastique dans l'Amérique ségrégationniste des années 1930, partageant son émotion quant à la représentation de l'immigration et de l'intégration.
Dans la catégorie du meilleur film non anglophone, Valeur sentimentale du Dano-Norvégien Joachim Trier a été récompensé. Ce film, qui traite de la relation douloureuse d'un père cinéaste avec ses filles, marque la première victoire d'un Norvégien aux Bafta, comme l'a joyeusement souligné Trier sur scène. Enfin, le prix du meilleur film pour les enfants et la famille a été décerné à l'Indien Boong, avec une apparition remarquée de l'ours Paddington pour remettre la récompense. Cette cérémonie reflète une diversité croissante, influencée par une réforme de l'académie des Bafta en 2020 visant à inclure des votants plus internationaux, contrastant avec des événements comme les César en France ou les Goya en Espagne qui valorisent davantage leur cinéma national.



