«The Mandalorian and Grogu» : retour gagnant de la saga Star Wars au cinéma
«The Mandalorian and Grogu» : Star Wars de retour au cinéma

Le réalisateur Jon Favreau et l’incontournable Pedro Pascal, qui endosse une nouvelle fois l’armure du chasseur de prime, reviennent sur le passage du héros… et du bébé Yoda sur grand écran. L’occasion de retrouver « Star Wars » au cinéma, sept ans après le dernier blockbuster.

Un retour aux sources réussi

Lancée en 2019, la série « The Mandalorian » est sans doute ce qui est arrivé de mieux à la saga « Star Wars » depuis la première trilogie. Aux commandes, Jon Favreau a en effet su s’approprier l’univers en développant une histoire originale portée par le désormais chasseur de primes masqué incarné par Pedro Pascal, accompagné de Grogu, le fameux Baby Yoda devenu extrêmement populaire.

Après trois saisons, le duo débarque au cinéma dans un long-métrage en forme de stand-alone où, malgré certaines références à la saga – notamment à Jabba le Hutt –, l’ensemble se comprend parfaitement, y compris pour le néophyte. Avec ses effets spéciaux rétros et modernes, ses combats calibrés et la relation entre les deux personnages — Grogu vole même la vedette au héros en usant de la Force pour prendre soin de lui au cours d’une scène muette mémorable —, ce blockbuster « à l’ancienne » va droit au but et délaisse toute réflexion, message ou enjeu politique. Du divertissement haut de gamme en somme, où l’on s’assoit sur son siège pour profiter du spectacle au sein d’un univers familier.

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Entretien avec Pedro Pascal

Pedro Pascal, qu’avez-vous ressenti après toutes ces années passées sous un masque ?

P. P. : C’est génial, vous devriez essayer [rires] ! Depuis huit ans, Jon Favreau m’a intégré dans cette collaboration créative qui définit un nouveau pan de la saga. C’est une expérience qui nous permet d’expérimenter cet univers pour présenter quelque chose de nouveau. Acteur lui-même, il sait exactement comment écrire ces personnages. Le Mandalorian est très intimidant, mais étrangement attirant. Ce geste physique minimal nous rappelle qu’il y a un être humain à l’intérieur, et c’est très désarmant, fascinant, j’adore ça. Mais c’est avant tout un effort de groupe. Il y a plusieurs personnes dans l’armure, en alternance.

Grogu a-t-il beaucoup évolué depuis la première saison ? Cela aide-t-il votre jeu, Pedro ?

P. P. : Grogu a été le meilleur secret que j’ai jamais gardé. En rencontrant la marionnette, j’ai vu à quel point Jon et les équipes des effets spéciaux sont des maîtres. Grogu interagit de manière très organique. Les marionnettistes opèrent avec une intention très humaine, donc je me sens vraiment face à un partenaire de scène. C’est un acteur parfois bien meilleur que moi !

Les secrets de fabrication selon Jon Favreau

Ce film semble être une lettre d’amour aux effets spéciaux à travers le temps. Comment avez-vous sélectionné les techniques ?

Jon Favreau : C’était assez égoïste. Je voulais m’amuser avec tous les jouets possibles et collaborer avec des gens talentueux. Dans la série, au départ, tout devait être digital, mais nous avons construit une marionnette pour référence et elle dégageait tellement d’empathie que nous avons fini par miser sur l’animatronique. C’est la même chose pour la stop-motion : nous avons contacté des studios spécialisés pour faire une séquence entière. Mélanger les nouvelles et les anciennes technologies fait partie de l’identité visuelle de « Star Wars ». Par contre, je ne pourrais sans doute pas faire ça pour un opus Marvel.

Vous souvenez-vous de la première fois que vous avez vu « Star Wars » ?

P. P. : Le premier volet est sorti en 1977, j’avais deux ans, je l’ai découvert plus tard, à l’occasion d’une ressortie. L’image la plus marquante reste pour moi Luke Skywalker regardant l’horizon et les deux soleils. J’étais aussi terrifié par la scène du compacteur de déchets. La claustrophobie était réelle. Et bien sûr, le combat entre Obi-Wan et Vador avec les sons des sabres laser.

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J. F. : J’avais dix ans. Je me souviens très vivement du premier plan avec ce gros vaisseau qui n’en finit pas de passer au-dessus de nos têtes. Ce qui m’a marqué, c’est l’imprégnation de ce nouveau monde et l’énergie de la salle. Mon père m’avait dit que ce blockbuster était spécial car il rendait la technologie rapide, grise et réelle, contrairement à l’élégance lente de « 2001, l’Odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick. George Lucas a ouvert une porte vers la curiosité et vers d’autres cinéastes comme Kurosawa ou John Ford.

Certaines séquences empruntent au cinéma muet. Comment avez-vous géré cette approche ?

J. F. : Je m’inspire beaucoup d’artistes comme Buster Keaton. Le timing et le découpage permettent de faire ressentir des émotions sans le moindre mot. Ludwig Göransson fait aussi la moitié du travail avec sa musique. Pour Grogu, c’est l’opportunité de montrer qu’il peut être responsable et faire ses propres choix. N’oublions pas que le passage de relais est primordial. Il est au cœur de la franchise.

« Star Wars : Mandalorian and Grogu », de Jon Favreau. Durée : 2 h 12. Sortie le 20 mai.