Lola Dewaere incarne deux jumelles aux caractères opposés dans la série inédite « Sœurs », réalisée par Julie Rohart, mise en ligne vendredi sur France.tv et diffusée à partir de mercredi prochain à 21h10 sur France 2. Un thriller haletant qui a représenté un « challenge technique » pour l'actrice, rencontrée par 20 Minutes au Festival de la Fiction de La Rochelle.
Un double rôle exigeant
Dans cette enquête en 4 épisodes, Lola Dewaere joue Elisabeth Romero, une avocate réputée au caractère bien affirmé, et Elodie Pintel, sa jumelle, gardienne d'une résidence à la personnalité tout en retenue, presque effacée. Lorsque les deux sœurs échangent de vie pour une soirée et que l'une est assassinée à la place de l'autre, tout s'entremêle et se trouble.
L'actrice explique avoir été attirée par le défi technique : « J'étais très intéressée par le challenge technique de pouvoir incarner des jumelles. J'avais adoré le film Faux-semblants avec Jeremy Irons [réalisé en 1988 par David Cronenberg] et j'étais fascinée par cette prouesse. »
Un travail de précision avec une comédienne
Pour donner vie aux deux sœurs, Lola Dewaere précise qu'elle n'a pas joué devant un fond vert, mais avec une comédienne formidable qui lui donnait la réplique. « Elle était présente dans toutes les scènes où les deux sœurs sont ensemble : au restaurant, dans les toilettes où elles échangent leurs fringues… Sans cette comédienne, je n'y serais pas arrivée. »
La difficulté résidait aussi dans l'incarnation de deux caractères et deux postures différentes. Avec la réalisatrice, elles ont évité tout changement physique caricatural. « J'ai proposé à Julie de prendre une voix plus grave pour l'une des deux, avec un débit différent. Une des sœurs est gauchère, également. Ce sont des détails que les téléspectateurs ne remarquent pas forcément mais, justement, on ne voulait pas que ça saute aux yeux. »
Entre Elisabeth et Elodie, un choix personnel
Interrogée sur la sœur dont elle se sent le plus proche, Lola Dewaere surprend : « Bizarrement, tout le monde pense à Elisabeth, parce que c'est une espèce de rouleau compresseur, avec une force incroyable. Mais moi, je me suis davantage reconnue dans certains traits de caractère d'Elodie. C'est une grande amoureuse, qui peut aussi se lasser de sa vie, s'ennuyer, qui a envie de changer… Elle est très sensible, à fleur de peau. »
Elle ajoute : « Je peux me reconnaître dans les deux mais le personnage d'Elodie m'a semblé plus familier. »
Une image publique réfléchie
À propos de son image parfois perçue comme dure, l'actrice nuance : « Déjà, je pense qu'on peut être les deux. Et on choisit aussi ce qu'on veut montrer. Par exemple, on a l'impression que je n'ai aucun filtre sur les réseaux sociaux, que je balance tout, comme ça, dans une espèce de diarrhée verbale. Mais c'est beaucoup plus réfléchi que ce qu'on ne pense. Vous ne voyez pas tout, plein de choses sont cachées. Comme le personnage d'Elodie qui est un iceberg. Il y a la pointe visible et tout ce qu'il y a en dessous. »
Après l'annulation de « Mademoiselle Holmes »
La série « Mademoiselle Holmes » sur TF1, dans laquelle elle tenait le rôle principal, a été annulée cet été. Une décision de la chaîne qui souhaitait réduire les comédies policières. Lola Dewaere confie : « C'est toujours une déception de quitter un personnage, surtout quand on a déjà fait deux saisons et qu'on a eu le temps de le faire entrer dans sa vie. Je me dis aussi que je vais rebondir ailleurs et que ça me permettra de faire d'autres choses. C'était une belle expérience. »
Un rôle marquant dans l'affaire Pelicot
L'actrice incarnera prochainement Caroline Darian, la fille de Gisèle Pelicot, dans un téléfilm pour TF1 adapté de ses deux livres, dont le tournage s'est déroulé cet été. Un rôle particulièrement complexe : « En tant que comédienne, mais aussi en tant que personne, on se demande si ce n'est pas trop tôt. En même temps, quand je vois le nombre de personnes qui ne savent pas encore ce qu'est la soumission chimique, en parler est presque un devoir civique, même si je ne suis pas là avec un étendard. Je ne suis qu'une interprète. Mais j'étais honorée de pouvoir endosser ce rôle dans une histoire qui n'est pas facile à raconter. »
Elle précise que le téléfilm ne raconte pas l'histoire de Gisèle Pelicot, mais est tiré des deux livres de Caroline Darian sur son association contre la soumission chimique. « Cela parle également de ce qui a pu faire exploser la famille dans cette histoire. » Ce qui l'a rassurée dans ce projet : « Le scénario très bien écrit. J'avais également lu les deux livres de Caroline Darian, bien sûr. La première chose que j'ai demandée à la réalisatrice et à la chaîne, c'était de savoir ce qu'on verrait des viols de Mazan. Je ne voulais pas du tout que ce soit racoleur, sinon je n'aurais jamais accepté. Cela a été traité avec délicatesse. »