Super Mario Galaxy : Un voyage cinématographique dans les étoiles de Nintendo
Trois années se sont écoulées depuis que Mario Bros et ses compagnons ont cumulé plus de sept millions d'entrées dans les salles françaises en 2023. Aujourd'hui, ils font leur retour pour une aventure interstellaire magistrale qui se présente comme un vibrant hommage à l'ensemble de la saga vidéoludique. Taillé sur mesure pour les passionnés, ce nouveau chapitre cinématographique arrive à point nommé pour célébrer un anniversaire historique.
Quarante ans de magie Nintendo
Quarante années déjà que Super Mario rythme l'existence des Nintendomaniaques à travers le monde. Cet anniversaire emblématique, la célèbre boîte de Kyoto a choisi de le fêter avec un film ambitieux intitulé « Super Mario Galaxy ». Comme son nom le suggère avec évidence, cette production promet de nous propulser vers les étoiles, renouant avec l'esprit de l'époque de la Wii, console sur laquelle était initialement sorti le jeu éponyme.
Néanmoins, il convient de ne pas s'y méprendre : si le point de départ narratif met en scène la princesse Harmonie, aux prises avec Bowser Jr. qui souhaite ardemment libérer son père capturé par la bande de héros, ce volet cinématographique va bien au-delà de cette simple prémisse. Il se transforme en un hommage exhaustif à toute la saga Mario, et même au-delà, en intégrant un autre personnage phare de la licence Nintendo, qui endosse un rôle central dans le déroulement de l'aventure. Un sublime passage animé, réalisé dans le style caractéristique des années 1980, lui est même consacré, au point de susciter l'envie de découvrir un jour une série entière à son effigie sous ce format rétro.
Une collaboration fructueuse entre Nintendo et Illumination
Les bases solides ayant été posées avec le sympathique premier film, Nintendo, en collaboration étroite avec le studio Illumination – celui-là même à l'origine des célèbres « Minions » – peut désormais se lâcher et ne s'en prive aucunement. Le choix artistique a été d'opter pour une histoire minimaliste, construite sur un fond de vengeance, mais extraordinairement riche en révélations concernant les liens subtils qui unissent certains protagonistes. Ceci démontre avec éloquence que le média cinématographique permet d'approfondir significativement les relations entre les personnages.
Cependant, il faut reconnaître que 99 % du temps, la narration sert principalement de prétexte pour faire voyager le spectateur, également joueur dans l'âme, de tableau en tableau. La structure est simple : toutes les deux ou trois minutes, le décor change radicalement. Chacun de ces environnements grouille littéralement de références aux épisodes cultes de la saga. Hop, un singe ou un roi grenouille tout droit sortis de « Mario Bros 2 » fait son apparition ; hop, un passage délibérément pixélisé rappelle avec nostalgie l'ère 8 bits ; hop, un plan conçu comme un pop-up fait référence à « Paper Mario ».
Et pourquoi ne pas ajouter une transformation ici, une autre là ? Ah oui, les plombiers emblématiques deviennent également des bébés dans une séquence inspirée de « Yoshi's Island ». Rappelons-nous aussi qu'un pinceau magique figurait en bonne place dans « Sunshine », l'itération sur GameCube, ou qu'un impressionnant T. Rex marquait les esprits dans « Odyssey ».
Une œuvre ludique, drôle et techniquement aboutie
D'un bout à l'autre du métrage, l'action ne s'arrête jamais, et certains clins d'œil, qu'ils soient visuels ou même sonores – pensons aux musiques emblématiques ou aux bruitages caractéristiques – sont réellement pointus et savamment distillés. D'autres références sont volontairement laissées en retrait, invitant ainsi à une deuxième, voire une troisième lecture de l'œuvre. Extrêmement ludique, drôle grâce à ses petites touches d'humour bien placées, et musclé avec des passages de baston où Peach, Yoshi et consorts se battent avec une énergie rappelant « Smash Bros », le film se révèle également être un petit bijou technique.
Les couleurs sont éclatantes, l'animation est d'une fluidité sans faille, rendant l'expérience visuelle absolument captivante. Il est donc difficile de ne pas adhérer à cette proposition, pour peu que l'on s'intéresse, même de loin, à l'univers du moustachu le plus célèbre du jeu vidéo. Mieux encore : plus le spectateur est familier avec cet univers, plus le plaisir de la découverte et de la reconnaissance est intense, ce qui est in fine idéal pour que les jeunes spectateurs découvrent le blockbuster sous un certain angle au cinéma, avant de le regarder autrement, avec un œil nouveau, une fois qu'ils auront parcouru les anciens titres de la saga.
Les accompagnants, ou tous ceux que la licence laisse de marbre, trouveront pour leur part un film esthétiquement beau, globalement sympathique et, sans être nécessairement émerveillés, se contenteront du cachet artistique indéniable et de la présence d'une intrigue sommaire – après tout, les jeux Mario ont toujours misé prioritairement sur le gameplay et le level design plutôt que sur des scénarios complexes – mais qui, et c'est crucial, ne les exclut pas du spectacle. Nintendo, à l'instar de Disney, aime fédérer et créer… une harmonie parfaite entre nostalgie et modernité.
« Super Mario Galaxy – Le Film ». Durée : 1 heure 39 minutes. En salle à partir de ce mercredi 1er avril.



