Sébastien Gendron, invité du 69e Apér'auteur à La Petite Librairie de Sommières, a dévoilé son univers littéraire sombre et mordant. L'auteur est venu présenter Chiens, paru en avril dernier, qui constitue le troisième volet de son Grand livre des animaux. Ce roman noir, empreint d'un humour féroce et peuplé de personnages bancals, incarne parfaitement la marque de fabrique de l'écrivain.
Un triptyque pensé dès l'origine
L'auteur a expliqué avoir conçu ce cycle comme un ensemble de trois livres dès le départ. "Je savais que ce serait moins une trilogie qu'un triptyque. Les histoires peuvent se lire indépendamment, mais il y a chaque fois une histoire qui avance et un personnage qui traverse les trois romans", confie-t-il. Le cahier des charges était clair : même cadre, même temporalité, même zone géographique. Cependant, l'écriture conservait une part d'inconnu. "Je me suis lancé sans plan. Je savais juste qu'ils mouraient tous à la fin", ajoute-t-il.
L'animal comme miroir de l'humain
Dans ce triptyque, l'animal sert surtout à observer l'être humain. "Les sales bestioles ne sont évidemment pas les animaux, ce sont plutôt les humains", glisse l'auteur. Son humour noir découle d'une vision du monde sans illusion. Il revendique un "pessimisme jovial", capable de rire d'un monde qui vacille. "Ce que j'aime, ce sont les losers magnifiques quand ils essaient d'être des winners", résume-t-il.
Influences cinématographiques et liberté d'écriture
Très marqué par le cinéma français des années 1970 et 1980, l'écrivain cite Bernard Blier ou Un éléphant ça trompe énormément. "Électron libre, ça me va", sourit-il, reconnaissant devoir cette liberté à une éditrice qui l'accompagne depuis vingt ans.



