« Sauvage » : le film inspiré de la « femme des bois » des Cévennes, une ode à la liberté
« Sauvage » : le film sur la « femme des bois » des Cévennes

« Sauvage » : une fiction inspirée d'une histoire vraie en Cévennes

Le film « Sauvage », en salle ce mercredi 8 avril, marque le passage à la fiction du documentariste Camille Ponsin. Cette œuvre cinématographique est directement inspirée de l'histoire authentique d'une jeune femme qui a choisi de vivre en recluse pendant près de quinze années au cœur des forêts des Cévennes, dans le sud-est de la Lozère.

Une histoire cévenole devenue légende

Cette aventure hors normes a déjà fait l'objet de plusieurs adaptations. La journaliste Florence Aubenas lui a consacré un long reportage dans Le Monde en 2021, tandis que l'écrivain Pascal Dessain en a tiré un roman intitulé « Une femme sauvage » en 2024. Camille Ponsin, qui connaît personnellement cette femme depuis l'enfance et est ami avec sa mère Nana, a choisi d'en faire la matière première de son premier long métrage de fiction.

Initialement, le réalisateur, lauréat du Grand prix au Fipadoc en 2022 pour son documentaire « La combattante », envisageait de réaliser un film documentaire sur ce sujet. Il avait multiplié les entretiens avec la famille, les amis et les habitants de la vallée. C'est finalement sur les conseils de sa productrice qu'il a opté pour la fiction, trouvant ainsi la distance nécessaire pour aborder ce thème particulièrement sensible, voire clivant, dans la région cévenole.

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Le quotidien d'une communauté néo-rurale

Le film nous plonge dans la vie d'une petite communauté de néo-ruraux installée dans un hameau isolé des Cévennes. Parmi eux, Sam (interprétée par Céline Salette) se lance dans l'élevage de vers à soie, tandis que son compagnon Karl (Bertrand Belin) compose de la musique. Leur quotidien paisible est progressivement perturbé par le comportement de leur fille Anja (Lou Lampros).

La jeune fille, toujours un peu sauvage, passe de plus en plus de temps dans les bois, mange rarement avec sa famille et finit par ne plus dormir du tout à la maison. Elle porte un bandeau sur un œil sans être borgne, prétend communiquer avec les animaux et s'isole progressivement des autres, y compris des jeunes de son âge.

Un regard humaniste sur la marginalité

Le comportement erratique d'Anja finit par troubler l'équilibre de la vallée. La jeune fille ne se contente pas de cueillir dans la nature ; elle se sert chez les uns et les autres, volant parfois et causant des dégâts. Les villageois, jusqu'alors compréhensifs envers ces hippies travailleurs et respectueux, commencent à critiquer leur mode de vie libertaire qu'ils jugent trop laxiste.

Sam, quant à elle, reste sourde aux critiques. Son obsession principale est de ne pas perdre le lien avec sa fille, dont elle respecte la soif impérieuse et mystérieuse de liberté. Le film de Camille Ponsin, qui connaît intimement son sujet, explore avec honnêteté toute la complexité de cette situation, ainsi que sa beauté.

Le réalisateur donne la parole aussi bien aux contempteurs de cette vie radicale qu'à ceux qui ont choisi une marginalité aux degrés divers. Porté par l'interprétation bouleversante de Céline Salette, le film montre la grandeur d'un amour maternel inconditionnel tout en conservant une distance révérencieuse face au mystère farouche d'Anja. Les paysages des Cévennes ajoutent leur magie irréductible à cette œuvre cinématographique remarquable.

Le film « Sauvage » a été tourné à l'automne 2024 dans plusieurs communes de Lozère (Molezon, Pompidou, Sainte-Croix-Vallée-Française, Gabriac, Florac, Trois-Rivières) et à Alès dans le Gard.

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