Romeria de Carla Simon : une quête intime sur les traces du sida en Galice
Armée d’un caméscope, comme une future cinéaste, Marina, interprétée par Llúcia Garcia, veut tout conserver de ce qu’elle est en train de découvrir. Adoptée depuis l’enfance, elle est venue en Galice, sur les traces de ses parents, morts du sida après des années de toxicomanie. Sa famille paternelle, qu’elle ne connaît pas, l’accueille avec un soupçon de malaise. Son arrivée ravive les secrets, les hontes, les non-dits, qui forment un contrepoint obscur au soleil et à l’océan.
Une trame autobiographique et émouvante
La trame de « Romeria », troisième long-métrage de l’espagnole Carla Simon, sélectionné à Cannes l’an dernier, est autobiographique. Elle décrit l’enquête de Marina avec pudeur et sensibilité. La jeune fille reste droite, lumineuse même, malgré la violence et le rejet dont ont été victimes ses parents quand leur sida et leur addiction furent connus. Carla Simon parvient à articuler colère et douceur, douleur et grâce, offrant une évocation pudique et émouvante des années sida en Espagne.
Une compétition cannoise et une sortie imminente
En compétition à Cannes, ce film marque une étape importante dans la carrière de la réalisatrice. Dommage que le récit se perde dans quelques flash-back inutiles, mais l’ensemble reste puissant et touchant. « Romeria », de Carla Simon, dure 1 heure 55 minutes et sortira en salles le 8 avril, promettant une expérience cinématographique intense et réflexive sur les héritages familiaux et les traumatismes collectifs.



