Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française, incarne Harpagon dans une nouvelle mise en scène de L’Avare de Molière. Pour lui, ce rôle emblématique exige un engagement total : « Il faut se sacrifier pour le texte », confie-t-il dans un entretien au Monde. La pièce, créée en 1668, reste d’une brûlante actualité, selon le comédien.
Une complainte d’Harpagon revisitée
Dans cette version, la complainte d’Harpagon, moment clé de la pièce où le personnage découvre le vol de son argent, est interprétée avec une intensité renouvelée. Podalydès explique que cette scène, souvent jouée sur un ton comique, révèle chez lui une dimension tragique. « Harpagon est un homme seul, obsédé par son or, et sa douleur est réelle », précise-t-il. La mise en scène, signée par un artiste non nommé dans l’article, met l’accent sur la violence intérieure du personnage.
Le comédien, âgé de 61 ans, a déjà joué de nombreux rôles moliéresques, mais Harpagon représente un défi particulier. « C’est un personnage qui ne dort jamais, qui ne fait confiance à personne », ajoute-t-il. La pièce se joue à guichets fermés depuis sa première, selon le Monde.
Un travail sur la diction et le corps
Podalydès insiste sur l’importance de la diction dans le théâtre classique. « Chaque mot de Molière est pesé, il faut le porter avec justesse », dit-il. Pour L’Avare, il a travaillé sa respiration et sa gestuelle pour rendre palpable l’avarice d’Harpagon. « Je me suis inspiré de gens que j’ai croisés, des avares du quotidien », confie-t-il. Le spectacle dure deux heures trente sans entracte, une contrainte que le comédien juge nécessaire pour maintenir la tension.
La pièce a été saluée par la critique pour sa modernité. Selon le Monde, la mise en scène utilise des éléments contemporains, comme des costumes modernes, sans trahir l’esprit de Molière. Podalydès y voit une manière de rendre le texte accessible : « Le public d’aujourd’hui doit se reconnaître dans ces personnages. »
Un engagement personnel et collectif
Au-delà du rôle, Podalydès évoque la vie de troupe à la Comédie-Française. « Nous sommes une famille, avec nos tensions et nos joies », dit-il. L’Avare réunit une douzaine de comédiens, dont certains en début de carrière. Le sociétaire souligne l’importance de transmettre : « Les jeunes apportent une énergie nouvelle. »
Le comédien, qui a également une carrière au cinéma, affirme que le théâtre reste son premier amour. « Sur scène, il n’y a pas de filet, c’est ce qui rend le métier si vivant », conclut-il. La pièce est programmée jusqu’à la fin de l’année 2026 à la salle Richelieu.



