« Plus fort que moi » : un biopic sur le syndrome de Gilles de la Tourette qui déçoit
Le film « Plus fort que moi », réalisé par Kirk Jones, s'ouvre sur une scène marquante où John Davidson, interprété par Robert Aramayo, lance un retentissant « Fuck the Queen ! » devant Elizabeth II. Cette introduction audacieuse captive immédiatement le spectateur, mais la suite du récit peine à maintenir cet élan.
Un combat noble mais un scénario sans souffle
Le biopic retrace le parcours de John Davidson dans les années 1980, qui se bat pour faire reconnaître le syndrome de Gilles de la Tourette comme une pathologie légitime. On le voit créer des structures d'entraide et lutter contre l'ostracisation des personnes atteintes. Malgré la noblesse de cette cause, le scénario suit de manière trop scrupuleuse les événements de sa vie, manquant cruellement de tension dramatique et de rythme.
L'ennui s'installe progressivement, et le film échoue à exploiter pleinement le potentiel émotionnel de cette histoire. Les moments clés, comme les interactions avec les autres personnages, semblent souvent figés dans une narration trop linéaire.
La performance de Robert Aramayo, une lueur dans l'obscurité
Robert Aramayo, récompensé aux Bafta pour son rôle, livre une prestation bluffante et intense. Il incarne avec justesse les tics et les défis quotidiens de Davidson, apportant une authenticité touchante au personnage. Cependant, même son talent ne parvient pas à sauver le film de sa monotonie générale.
Shirley Henderson, dans un rôle secondaire, apporte également une présence discrète mais efficace, mais elle reste sous-utilisée dans un récit qui manque de profondeur.
Une réalisation conventionnelle
Kirk Jones opte pour une mise en scène classique et sobre, qui sert le sujet sans jamais le transcender. Les choix esthétiques, bien que cohérents, ne suffisent pas à insuffler l'énergie nécessaire pour captiver le public sur la durée.
Au final, « Plus fort que moi » est un film honorable dans ses intentions, mais il pêche par son manque d'audace narrative. Il mérite d'être vu pour la performance de Robert Aramayo, mais laisse un sentiment d'inachevé sur le plan cinématographique.



