Michel Platini, 71 ans, s'est confié depuis son domicile à Cassis, avant la diffusion de la série documentaire en six épisodes que Canal+ lui consacre ce dimanche 23 août. L'ancien numéro 10 des Bleus, triple Ballon d'or, a ouvert les portes de son restaurant sur le port de Cassis, où il aime avoir une vision panoramique, comme sur le terrain.
Un documentaire pour raconter l'épopée footballistique
La série « Platini », réalisée par Guillaume Priou, a été présentée en avant-première au festival Canneseries. Elle retrace le parcours de l'idole française, de son enfance à Jœuf, dans la banlieue de Nancy, à l'équipe de France, en passant par Saint-Étienne, Turin, le Heysel, Séville et Guadalajara. Les témoignages de ceux qui l'ont côtoyé (Battiston, Giresse, Bossis, Fernandez, Royer, Tardelli, Zoff, Zico, Boniek, Rummenigge, ses enfants) jalonnent les six épisodes.
« Quand je rencontre des gens, ils ne me parlent pas de la FIFA, de l'UEFA, on me parle du joueur, du football avant tout », explique Platini, soulignant qu'il a voulu faire ce documentaire « en français, et avec Canal+ car j'ai toujours bien bossé avec eux et je ne voulais pas faire quelque chose de politique, plutôt une série sur mon épopée footballistique ». Il rappelle avoir été consultant pour la chaîne cryptée au début des années 1990.
Le Heysel, cicatrice indélébile
Platini revient sur la tragédie du Heysel, en mai 1985, qui a marqué la fin de sa carrière. Buteur ce soir-là pour son seul titre européen avec la Juventus Turin, il se souvient de la bagarre généralisée qui a fait 39 morts au stade du Heysel à Bruxelles. « J'ai arrêté peu de temps après, à 32 ans, quelque chose s'est brisé ce soir-là. Je n'avais plus d'essence dans le moteur », confie-t-il. « Un jour on joue contre la Sampdoria de Gênes, j'ai cinq mètres d'avance sur la défense au milieu du terrain et je termine avec cinq mètres de retard aux abords de la surface de réparation, j'ai compris que c'était la fin. Je termine la dernière saison avec deux buts alors que j'avais été trois fois meilleur buteur, il fallait arrêter. »
L'ancien capitaine des Bleus évoque aussi le match France-RFA à Séville, demi-finale de la Coupe du monde 1982 (3-3, défaite aux tirs au but 5-4) : « Pendant une heure et demie, on passe par tous les sentiments du monde. J'en parle d'une manière positive, ce sont des émotions très fortes, qu'on ne retrouve pas dans d'autres moments de la vie. Je l'ai revu jusqu'au 3-1 ce match, après… Je suis à un âge où j'ai envie de voir des choses positives. »
Un homme en paix avec son passé
Platini, aujourd'hui en paix, se dit prêt à partager son histoire pour que « égoïstement, mes petits-enfants le voient ». Il conclut : « Je suis ce que je suis, naturel, qu'on me juge pour ce que je suis. » La série documentaire « Platini » est diffusée ce dimanche 23 août à 21h sur Canal+.



