« Planètes » de Momoko Seto : une attente déçue malgré des promesses techniques
Le film d'animation « Planètes », réalisé par Momoko Seto en collaboration avec le CNRS, est sorti en salles le 11 mars 2026. Présenté en clôture de la Semaine de la Critique à Cannes, il avait suscité des attentes élevées pour un voyage immersif dans le monde naturel. Cependant, la critique est sévère : le long-métrage, d'une durée de 1h15, peine à transcender son dispositif et laisse le spectateur dans l'ennui.
Un concept ambitieux mais un récit défaillant
« Planètes » met en scène la survie de quatre akènes, ou graines de pissenlit, créés en animation numérique, qui cherchent une terre fertile pour se reproduire. Leur quête les conduit à traverser divers phénomènes naturels et à croiser de fascinants spécimens de plantes et d'animaux, filmés en prises de vue réelles. L'ouverture du film est superbe, brouillant les échelles entre le cosmos et l'univers microscopique, mais cela ne suffit pas à soutenir l'intérêt sur la durée.
Le tour de force technique est indéniable, avec des effets visuels impressionnants. Cependant, l'absence de véritable récit et le manque de plus-value documentaire ou poétique rendent l'expérience cinématographique laborieuse. Le film évoque parfois des œuvres comme « Microcosmos » de Claude Nuridsany et Marie Pérennou, ou même la série télévisée « la Linea », mais sans parvenir à captiver de manière durable.
Comparaisons et esthétique controversée
Certaines scènes de « Planètes » rappellent fortement l'esthétique de l'intelligence artificielle, ce qui est ironique pour un film qui se veut ancré dans les merveilles du réel. Cette approche contraste avec d'autres odyssées naturelles, comme « Flow » de Gints Zilbalodis, où l'absence d'humains suggère leur disparition de manière plus poétique.
En résumé, « Planètes » est une déception pour ceux qui espéraient un chef-d'œuvre hypnotique. Malgré ses qualités techniques, il échoue à offrir une expérience cinématographique immersive et mémorable, laissant le spectateur avec un sentiment d'inachevé.



