Un rendez-vous annuel incontournable
Depuis plus de vingt ans, Laurent Pagnon, un policier municipal toulousain de 52 ans, parcourt chaque année plus de 500 kilomètres pour assister au Festival de Cannes. Son objectif ? Capturer le regard des stars à travers la lentille de son appareil photo. Son rituel est bien rodé : il cadenasse solidement son escabeau au même endroit, face aux célèbres marches, avant même la pose du tapis rouge.
Une organisation millimétrée
La mécanique de Laurent démarre à midi, heure à laquelle son réveil sonne pour se préparer. « Je suis en vacances, il ne faut pas l'oublier », plaisante-t-il. Trois à quatre fois par jour, il assiste à l'arrivée des équipes de films. Avec l'expérience, plus question d'attendre des heures. « Avant qu'il y ait ce système de file d'attente avec le barriérage et le filtrage, si la montée était à 17h30, on arrivait à 17h15, on sautait la barrière et on avait nos escabeaux. Je n'ai pas de temps à gaspiller donc maintenant, j'arrive assez tard. »
Capturer le regard des stars
Toujours à l'affût de la moindre silhouette connue, Laurent aime capturer les yeux de ceux qui le regardent. Il a photographié Demi Moore, Virginie Efira, John Travolta ou encore Éric Cantona. « À vrai dire, je ne suis pas un grand fan de cinéma ni admirateur de quelqu'un en particulier. À part la fois où j'ai vu Maradona », confie-t-il. « Mais les premières fois où l'on a Brad Pitt en face ou Sharon Stone... on s'en souvient. Surtout quand on arrive à avoir un regard directement dans l'objectif. »
Des débuts presque par hasard
Tout a commencé en 2003, alors qu'il se promenait dans les rues de Toulouse avec un appareil numérique. Il capture sa première image : Yannick Noah. « À ce moment-là, je me suis dit que si je rencontrais d'autres célébrités, je ferai une petite collection », se souvient-il. L'année suivante, il découvre les tapis rouges cannois et les longues heures d'attente devant les palaces de la Croisette. « La première personnalité que j'ai vue, ça a été Benoît Poelvoorde. Mais mon objectif, c'était surtout de rencontrer des personnalités américaines. »
Partager sa passion avec les autres
Au fil des années, Laurent a rejoint un petit cercle de passionnés, ces habitués des escabeaux qui se retrouvent à chaque édition du Festival. Il a créé une page Facebook pour partager ses rencontres avec ses proches. « Surtout le fait de faire partager aux autres, c'est ce qui me donne toujours l'envie d'en faire un peu plus... » Malgré les nombreuses années d'expérience, certaines stars manquent encore à l'appel dans sa galerie de téléphone. « Clint Eastwood et Jessica Alba par exemple ! », répond Laurent presque du tac au tac.
Préférer l'extérieur à l'intérieur
Une chose est sûre : Laurent préfère vivre les marches depuis l'extérieur plutôt que de les gravir lui-même. « Je pouvais assister à la projection de Fast and Furious. Pour moi, si j'étais dedans, je n'étais pas dehors. Je n'aurais pas vu Vin Diesel et le show qu'il a fait près du public. Je préfère ma photo », s'amuse-t-il. Jusqu'à vendredi soir, son échelle restera bien cadenassée pour profiter de la vue, en attendant - il l'espère - son retour l'année prochaine pour la 80e édition.



