Peaks Quartet : Florian Marques s'élève avec l'album « Invitations »
Peaks Quartet : Florian Marques et son nouvel opus

Le Peaks quartet prend de la hauteur avec son nouvel opus. À sa tête, Florian Marques, ancien élève de l'école de musique d'Orthez, invite d'autres pointures du jazz autour de ses compositions. Salué par la presse spécialisée, « Invitations » marque l'émergence du musicien dans l'univers de la note bleue.

Un festival fondateur

Le gisement de jazz naturel à Orthez ne cesse de voir jaillir de nouveaux talents. Durant plus d'un quart de siècle, le festival de la note bleue a enflammé un large public et réchauffé la fin de l'hiver. Florian Marques est de ces jeunes pépites du jazz qui y ont brûlé leurs premières planches. « Ce festival est un événement majeur pour moi », souligne l'artiste qui a fait ses classes à l'école de musique de la Cité Fébus.

L'enfant d'Ozenx-Montestrucq n'a que 6 ans et ignore encore que la musique rythmera sa vie. L'adolescent n'est qu'à l'orée de son apprentissage de la note bleue que déjà il se produit avec son professeur Michel Queuille, dans un bar, durant le off du festival. Dix ans plus tard, l'événement musical depuis disparu programme son jeune quintet Peaks. « J'ai fait des rencontres essentielles comme Dmitry Baevsky à ce festival et vu mon premier live. Ma classe de jazz a partagé la scène de Manu Dibango à la Moutète, c'était fou », rembobine le trentenaire, reconnaissant envers le directeur artistique du festival, Jacques Canet.

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Les Pyrénées comme ressource

Désormais parisien, Florian Marques espère présenter le second album de son Peaks Quartet en 2027 au théâtre Francis Planté d'Orthez. David Lynch et son « Twin Peaks », dont le trentenaire est un inconditionnel, ont naturellement inspiré le nom de l'ensemble de jazz. Mais les racines béarnaises de Florian Marques aussi. Peaks, c'est le sommet. « C'est mon enfance. Quand je reviens ici, j'adore aller me ressourcer en montagne », confie-t-il.

Déjà auréolé de quatre étoiles par « Jazz Magazine », l'opus « Invitations », sorti fin 2025, enrichit le quartet des univers de quatre invités. « J'ai composé une pièce spécifiquement pour chacun d'eux », confie le jazzman. Les huit titres offrent ainsi une rencontre avec le pianiste Bojan Z, les trompettistes Olivier Laisney et Roman Reidid et le tromboniste Fidel Fourneyron. Encore un habitué de feu Jazz naturel. Comme lui, le voisin landais a fréquenté le lycée Fébus. Son titre « Phœbus » réunit naturellement les deux amis musiciens autour de leurs racines.

« Au début, le jazz, je n'aimais vraiment pas ça »

Appelé à parcourir les scènes du monde entier, le Béarnais porte fièrement ses origines en bandoulière. Et le trentenaire de prendre sa place, modestement, dans une lignée orthézienne où l'on trouve le pianiste Paul Laye ou le batteur Sylvain Darrifourcq. Des maestros que l'adolescent écoutait à ses débuts. Et si le saxophone est son instrument dès ses premières années à l'école de musique, le jazz est arrivé plus tard.

« Mes premiers souvenirs en public, c'est avec l'Harmonie municipale à 13 ans. Sainte-Cécile, ouverture de la feria, cérémonies du 8 Mai et du 11 Novembre peuplent les souvenirs du jeune musicien jusqu'à ce que Michel Queuille vienne le cueillir. Curieux, Florian Marques va goûter à son atelier de jazz. « Au début, je n'aimais vraiment pas ça », se souvient-il en riant. Et puis, la découverte d'une galette du saxophoniste Dexter Gordon allume la flamme. « C'est ça que je veux faire », réalise le jeune homme.

Cours de jazz individuels avec Michel Queuille à Orthez puis avec le professeur de saxophone Stéphane Barbier, à Bayonne, conduisent Florian Marques, à 16 ans, à Mont-de-Marsan entre les mains de Jacky Berecotchea. Deux années qui façonnent son désir d'entamer des études musicales après le bac pour se nourrir du jazz toute la vie.

« Quand tu arrives à Paris, tu prends une claque car tu prends tout de suite conscience de l'ampleur du travail », s'amuse l'ancien élève du pôle supérieur de Paris Boulogne-Billancourt. Le saxophoniste donne tout son souffle et travaille sans jaser.

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Un trottoir et des copains

La récréation, il la trouve à Orthez avec sa bande de potes du collège. Parallèlement à la note bleue, Florian Marques flirte avec les rythmes plus chauds de la pop, dès ses 13 ans. Avec les Landas, prémisses du Trottoir d'en face, le saxophoniste fait le show sur scène. « J'aime le spectacle », résume cet ancien pensionnaire de l'atelier théâtral du collège Argote. De sa première grande scène à la fête de son village jusqu'aux Francofolies, Florian Marques sillonnera les festivals d'été avec le Trottoir d'en face et participera à ses quatre albums et ses deux Zéniths palois.

« J'ai adoré marier ces deux aventures. D'un côté l'ambiance club et intimiste du jazz et de l'autre l'effervescence pop du Trottoir », confie-t-il. L'arrêt du groupe en 2025, afin que chaque membre vive sa propre aventure musicale, n'a pas laissé de bleus à l'âme. « Nous sommes toujours amis et nous nous voyons aussi souvent que possible ». Et des collaborations jazzy peuvent même émerger ici ou là avec les potes du trottoir. La route de Florian Marques est désormais en face, sur la voie du jazz. Un troisième album est déjà à l'œuvre au sein du Peaks quartet.