Park Chan-wook adapte 'Le Couperet' avec Lee Byung-hun
Si vous reconnaissez le comédien sur la photo, cela n'a rien de surprenant. Il s'agit bien de Lee Byung-hun, star internationale rendue célèbre par son rôle de maître de jeu dans la série phénomène Squid Game. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, l'occasion est parfaite de découvrir ce talentueux acteur dans le prochain film de Park Chan-wook, intitulé Aucun autre choix.
Une collaboration née de l'amitié et de la renommée
Le réalisateur de Old Boy et Decision To Leave explique son choix : « Je ne l'ai pas choisi en raison de Squid Game mais parce que c'est un ami et j'avais déjà travaillé avec lui sur JSA. Je serais hypocrite si je niais le fait que sa renommée m'a aidé à monter mon film. » Cette collaboration marque une nouvelle étape dans la carrière du cinéaste, qui s'attaque à l'adaptation du roman Le Couperet de Donald E. Westlake, déjà porté à l'écran par Costa-Gavras en 2005.
Une histoire d'actualité transposée en Corée du Sud
L'intrigue, toujours aussi pertinente, suit un chômeur désespéré qui décime méthodiquement les candidats au poste qu'il convoite. Transposée en Corée du Sud, cette quête absurde pour un emploi peu enviable dans une usine de papier en déclin devient le symbole d'une dignité perdue après un licenciement brutal. « Ce qui est ironique est que le héros s'en prend à ses semblables, des gars avec lesquels il aurait pu devenir ami, explique Park Chan-wook. Il ne lui vient pas à l'idée de s'attaquer plutôt au système qui les détruit impitoyablement. »
De père de famille à assassin naturel
Ce bon père de famille se transforme en assassin avec un naturel déconcertant, persuadé de n'avoir aucun autre choix pour retrouver du travail. « Il ne se rend pas compte qu'il met sa famille en péril en projetant sur elle un désir de confort matériel qu'elle ne lui demande pas, soutient le réalisateur. Il prive les siens de tendresse pour courir après un mirage. » Park Chan-wook transforme ainsi l'itinéraire tragique de cet employé en une fable à l'humour féroce, où le jeu de massacre vire au tragi-comique.
Une inspiration cartoon pour un meurtrier improvisé
Le cinéaste avoue s'être inspiré de certains cartoons de son enfance pour orchestrer les crimes de ce meurtrier improvisé. Les séquences d'attaques, irrésistibles de drôlerie et de méchanceté, soulignent l'absurdité de sa quête. Dans un monde où les progrès technologiques et les licenciements qu'ils entraînent rendent sa lutte dérisoire, sa fuite en avant n'en est que plus cruelle.
Une satire du capitalisme et une mise en garde contre l'IA
« J'aime l'idée que ce qu'il fait ne sert à rien sur le long terme, reconnaît Park Chan-wook. Il a sacrifié sa moralité pour rien car il va être remplacé par l'IA, un concurrent bien plus dangereux et indestructible qu'un être humain. » L'ironie qui nimbe Aucun autre choix constitue l'un des charmes majeurs de ce thriller, qui brocarde joyeusement le capitalisme et ses excès pour replacer l'humain au centre de la vie et de l'écran. Une chose est sûre : il faudra attendre longtemps avant que l'Intelligence Artificielle ne puisse prendre la place d'un réalisateur aussi talentueux que Park Chan-wook.



