« Paradise » : un premier film ambitieux mais risqué
« Paradise » : un premier film ambitieux mais risqué

Le premier long-métrage de Jérémy Comte, « Paradise », sort en salle le 19 août. Le réalisateur québécois y met en scène deux adolescents que tout oppose, mais que relie le manque d'un père disparu et l'absence de repères. Le film, qui mêle drame familial, thriller social et onirisme mystique, séduit par son ambition, mais déçoit par son exécution, jugée naïve et tape-à-l'œil par la critique.

Un récit choral entre le Ghana et Montréal

Le film suit deux trajectoires parallèles. D'un côté, le fils d'un pêcheur du Ghana, fasciné par les gangs de rue qu'il finit par rejoindre. De l'autre, le fils d'une professeure de yoga montréalaise, intrigué par l'homme que sa mère fréquente via les réseaux sociaux. Leur point commun : la quête d'un père absent et le vide laissé par ce manque. Jérémy Comte relie leurs destins, qu'il présente comme emblématiques des inégalités Nord/Sud, à travers le phénomène contemporain des « brouteurs ».

Le projet, inspiré d'une expérience personnelle du réalisateur, se veut ambitieux. Comte, déjà connu pour son savoir-faire visuel, tente de croiser plusieurs genres : le drame familial, le thriller social et une dimension onirique. Cette ambition est saluée, mais elle expose aussi le film à des risques, notamment sur le plan narratif et stylistique.

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Une écriture et une mise en scène en surface

La critique, signée Nicolas Schaller, est sévère. Elle souligne que l'écriture et la mise en scène « restent désespérément à la surface ». Le réalisateur, qui « veut trop embrasser et étreint mal », ne parvient pas à donner de la profondeur à son récit. Les acteurs, jugés « très inégaux », plombent davantage l'ensemble. Le film, d'une durée d'1h30, est une coproduction entre le Canada, la France et le Ghana.

Malgré ses défauts, « Paradise » témoigne d'une volonté de traiter des sujets contemporains et universels, comme la quête d'identité et les disparités économiques. Le choix de relier ces deux adolescences en miroir est original, mais l'exécution ne convainc pas pleinement. La critique lui accorde deux étoiles sur quatre.

Un premier film qui divise

Ce premier long-métrage de Jérémy Comte, dont le court-métrage avait été remarqué, marque une étape dans sa carrière. Le film, qui sort le 19 août, devrait susciter des débats, tant par son sujet que par sa forme. Les spectateurs pourront se faire leur propre opinion, mais la critique invite à la prudence. Le réalisateur, visiblement inspiré, devra confirmer son talent dans ses prochains projets, en gagnant en maturité et en précision.

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