« Nouvelle Vague » : l'énergie créatrice du cinéma révolutionnaire sur Canal+
« Nouvelle Vague » : l'énergie créatrice du cinéma

Ce soir à la télé : « Nouvelle Vague » de Richard Linklater

Entre reconstitution minutieuse et élan juvénile, le film saisit la fougue collective qui a présidé à l’émergence d’un cinéma révolutionnaire. Ce soir à 21h10 sur Canal+.

Aubry Dullin et Zoey Deutch incarnent les héros de cette fresque consacrée au tournage d’« À bout de souffle » et au Paris de 1959. Le Texan Richard Linklater, prolifique et versatile (« Hit Man », « Boyhood »), signe une œuvre étonnante. Jean-Luc Godard, les Ray-Ban vissées sur le nez, apparaît en franc-tireur folklorique, héraut d’une Nouvelle Vague de papier glacé. Le film multiplie les sosies et le name dropping : chaque figure (Truffaut, Chabrol, Rohmer, Rivette, Rossellini, Cocteau, Bresson…) pose face caméra, nom affiché à l’écran. Rien ne devrait marcher, et pourtant « Nouvelle Vague » charme et grise.

Point de second degré ou de pastiche distancié, à la manière du « Redoutable » de Michel Hazanavicius. On n’est pas non plus dans l’hommage déférent, mais dans la fougue, l’énergie du tournage et des premières fois. Le plaisir de voir s’inventer artisanalement, avec panache, inconscience et réticences, un film révolutionnaire.

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Une énergie brute

La guéguerre pleine d’admiration réciproque entre Godard et son producteur Georges de Beauregard, savamment entretenue par les provocations du cinéaste, la camaraderie amoureuse entre le débutant Belmondo et la star hollywoodienne Jean Seberg, l’équipe – aréopage improbable mené par le premier assistant Pierre Rissient et le directeur de la photo Raoul Coutard – plus ou moins solidaire des lubies du metteur en scène : « Nouvelle Vague », avec son style d’époque en noir et blanc, est habité par la vivacité d’une jeunesse et d’une émulation artistique intemporelles.

La distribution y contribue largement, composée de nouvelles têtes : Guillaume Marbeck incarne Godard, Zoey Deutch, Jean Seberg, et Aubry Dullin, Belmondo. En sortant du film, on a envie de les retrouver, de se lancer dans le cinéma et de crier à notre tour : « Moteur, Raoul ! »

« À bout de souffle » fut l’invention du be-bop au cinéma. Jazzy, idolâtre et pétillant, « Nouvelle Vague » (4 césar dont celui du meilleur réalisateur) est celle, plus discrète, du swing fétichiste.

Mardi 5 mai à 21h10 sur Canal+. Comédie dramatique de Richard Linklater (2025). Avec Guillaume Marbeck, Zoey Deutch, Aubry Dullin, Adrien Rouyard. 1h45. (Disponible à la demande sur myCANAL).

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