Un retour attendu sur la Croisette
Le réalisateur roumain Cristian Mungiu, déjà récompensé d'une Palme d'or pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours (2007), du prix du scénario pour Au-delà des collines (2010) et du prix de la mise en scène pour Baccalauréat (2016), revient cette année en compétition officielle avec « Fjord ». Présenté lundi 18 mai 2026, le film a été tourné en Norvège et explore les tensions au sein d'une communauté confrontée à des différences culturelles et éducatives.
Une réflexion sur la radicalisation et la tolérance
Dans « Fjord », Mungiu raconte l'histoire d'un couple roumano-norvégien très pieux qui s'installe dans un village norvégien. Leur aînée, Elia, présente des bleus sur le corps, ce qui alerte le corps enseignant et la communauté. Le film interroge alors les limites de l'éducation traditionnelle et la frontière entre liberté personnelle et intimité familiale. Interrogé sur les thèmes de son œuvre, le réalisateur déclare : « J'essaie de faire un instantané de la société d'aujourd'hui, très radicalisée, très divisée. On doit absolument trouver une façon de communiquer avec l'autre, sinon on va finir par tuer tous ceux qui ne pensent pas comme nous. »
La diversité comme valeur fondamentale
Mungiu insiste sur la nécessité de respecter la diversité : « On vit tous avec beaucoup de stéréotypes sur les autres, mais quand on apprend à connaître les autres, les gens deviennent des gens comme toi. On doit respecter cette diversité. » Il ajoute : « Je viens d'un pays où on avait un régime qui croyait qu'il n'y avait qu'une seule vérité. Je ne veux pas que quelqu'un sache mieux que moi ce que je dois faire avec ma vie. »
Le choix de la Norvège et des plans longs
Le réalisateur a choisi la Norvège pour son film en raison de la législation très stricte du pays en matière d'aide à l'enfance. Selon lui, cela permet de mettre en lumière les conflits entre visions traditionnelles et progressistes. Il précise : « Ce n'est pas une critique de la société norvégienne. » Quant à son style, Mungiu privilégie les plans longs, sans musique, pour capturer des moments de réalité continue. « L'émotion doit venir des comédiens et des situations, pas d'artifices comme la musique ou un montage rapide. Laissons ça aux films américains. »
Notre avis : 3/5
Avec « Fjord », Cristian Mungiu parvient à faire réfléchir le spectateur. Le film capture un moment de vie de la famille Gheorghiu, installée en Norvège. Si l'intrigue débute sur une note paisible, elle s'assombrit rapidement lorsque des bleus sont découverts sur le corps de l'aînée. Plus qu'une enquête policière, c'est une réflexion sur la société, l'intimité et les différences culturelles qui est proposée. La mise en scène sobre et les interprétations justes servent un propos nuancé, même si certains pourraient trouver le rythme lent.



