Au-delà de sa nullité intrinsèque, Mortal Kombat II peut se lire comme une radiographie presque clinique d’un certain Hollywood épuisé, vidé de ses idées, qui recycle à l’infini suites, franchises, reboots et produits dérivés comme un supermarché en fin de soldes. Une industrie en crise qui ne fabrique plus des films, mais des objets promotionnels destinés à faire sauter le box-office lors du premier week-end.
Un réalisateur en pilotage automatique
Derrière la caméra de Mortal Kombat II, on retrouve l’Australien Simon McQuoid, déjà coupable du premier opus en 2021 et qui exécute ici le minimum syndical. Sa livraison : un produit lisse, creux, ripoliné à coups d’images de synthèse hideuses. Le naufrage semble total, mais le film, objet purement marketing oblige, est survendu aux gamins et gamers nostalgiques grâce à un marketing agressif et des influenceurs en extase.
Un nanar de compétition
Quatrième adaptation live du célèbre jeu de NetherRealm Studios, MK II se résume à une succession de bastons rachitiques, reliées par un semblant d’intrigue. Un tournoi intergalactique, des combattants bodybuildés, un méchant tyran nommé Shao Kahn qui menace la Terre... et voilà, rideau ! Les fans reconnaîtront vaguement quelques silhouettes familières de la licence – Johnny Cage, Sub-Zero, Hanzo Hasashi, Raiden… Plutôt gore, les Fatalities (ces coups de grâce sanglants, qui ont fait la gloire du jeu) sont au rendez-vous, le fameux « Finish him ! » aussi, comme des jingles publicitaires destinés à réveiller le spectateur ou raviver la nostalgie du joueur.
Pour le reste, rien ne va. Tourné sur fond vert dans des hangars australiens, MKII est une production bas de gamme, du nanar de compétition : tout est étriqué, stupide, bref, ça pique les yeux et c’est aussi palpitant qu’un plat de nouilles réchauffé. C’est également d’une laideur affolante, les effets spéciaux sont approximatifs, la musique de Benjamin Wallfisch (Blade Runner 2049) alterne roulements de tambour lors des bastons et violons nostalgiques quand il faudrait frémir.
Un cassoulet chorégraphique
N’ayant rien à jouer, les acteurs bombent le torse, déclament des dialogues incompréhensibles, et on se demande bien ce que Hiroyuki Sanada, vu dans plus de cent films dont John Wick 4, est venu faire dans cette galère numérique. Plus étonnant encore, pourquoi ne pas avoir engagé de véritables artistes martiaux ? À la place, une galerie de silhouettes télévisuelles engoncées dans des costumes fluo, incapables de rendre crédible la moindre scène de combat. Résultat, un cassoulet chorégraphique où les bagarres – censées être le cœur du spectacle – sont mollassonnes, mal réglées, sans impact.
On est à des années-lumière de l’efficacité brutale d’un Gareth Evans (The Raid), de la précision d’un John Wick ou du génie du thriller d’arts martiaux The Furious, qui sortira le 10 juin prochain. Bref, MKII s’apparente plus à de la torture mérovingienne qu’à du cinéma. Un long tunnel de pixels criards et de coups de poing sans impact.
Un produit cynique de notre époque
En vérité, Mortal Kombat II n’est pas seulement un mauvais film. C’est le produit cynique d’une époque, conçu pour flatter la fanbase et lui faire rapidement les poches. Une démonstration que le cinéma de studio, dénué de toute ambition artistique, peut faire de pire.
Mortal Kombat II de Simon McQuoid. En salles le 6 mai.



