Le cinéaste Guillaume Nicloux, âgé de 59 ans, continue d'explorer des territoires inattendus avec son nouveau film « Mi Amor », un thriller vénéneux et sensuel. Ce long-métrage suit l'errance de Romy, une Djette, sur les traces de son amie disparue, dans le chaos d'une île vampirisée par la fête et le tourisme. Un film-trip porté par une formidable bande-son électro.
Un film entre deux univers
Interrogé sur la place de « Mi Amor » dans sa filmographie, Guillaume Nicloux explique : « Je navigue depuis trente ans entre deux univers : des productions ordinaires et des projets expérimentaux. « Mi Amor » relève clairement de cette seconde catégorie. J’ai voulu jouer avec le thriller, laisser le spectateur se perdre dans ce labyrinthe, le maintenir dans un état d’angoisse jusqu’à la fin, mais donner à ce thriller une forme qui pourrait s’apparenter à un opéra électro. »
La musique comme élément central
La musique est présente en continu, donnant presque l'impression de la mise en images d'un album concept. La musicienne Irène Dresel est arrivée très tôt sur ce projet, livrant une partie des musiques avant le tournage. Nicloux précise : « Je voulais que ses tableaux sonores participent non seulement à la façon dont j’allais filmer, mais aussi au dérèglement paranoïaque et psychologique du personnage de Romy. »
Une approche instinctive du tournage
Pendant les séquences de clubbing, le réalisateur filme les visages, rayonnants, plutôt que les corps. « Il y a, dans ces moments de danse, de transe même, une puissance organique, un retour à l’enfance, un bonheur pur. Je trouve qu’on le ressent pleinement sur les visages. Instinctivement, j’ai plus envie de me rapprocher des gens que de les appréhender comme une masse globale », confie-t-il.
Concernant la direction d'acteurs, notamment de Pom Klementieff et Benoît Magimel, Nicloux explique : « Ma direction d’acteurs repose sur la confiance réciproque. Je ne ressens pas nécessairement le besoin de répéter, d’organiser des lectures du scénario. On procède au jour le jour, sur le tournage, de façon instinctive, sans se perdre dans de longs discours psychologisants. Avec de grands acteurs, ma direction est assez silencieuse. »
« Mi Amor », de Guillaume Nicloux, avec Pom Klementieff et Benoît Magimel. Durée : 1 h 53. En salles ce mercredi 6 mai.



