Marilyn Monroe : une icône immortelle célébrée à Paris pour son centenaire
Marilyn Monroe demeure, plus que toute autre figure, l'incarnation suprême de la féminité sur grand écran. Son visage éblouissant et son aura de fantasme ont laissé une empreinte indélébile dans l'imaginaire collectif mondial. Pour honorer celle qui aurait fêté ses 100 ans cette année, née le 1er juin 1926 à Los Angeles, la Cinémathèque française organise une rétrospective de ses films jusqu'au 24 mai et, surtout, lui consacre une vaste exposition immersive.
Une plongée dans l'univers glamour de la star
Mille fois photographiée, la star des années 1950 représentait un sujet de prédilection pour les galeries d'art. Entre le matériel publicitaire, la garde-robe somptueuse et les portraits signés par des artistes renommés comme Eve Arnold, Richard Avedon et Andy Warhol, l'opulence visuelle entourant l'actrice provoque un véritable vertige.
L'exposition, méticuleusement conçue, retrace chronologiquement le parcours de Marilyn Monroe sans négliger aucun aspect de sa carrière. Grâce à des extraits de films, des archives précieuses et des documents rares, les visiteurs pénètrent dans son univers glamour et assistent aux métamorphoses successives de cette artiste façonnée par Hollywood.
Florence Tissot, commissaire de l'exposition, souligne : « Ce projet a nécessité trois ans de travail, car ses archives sont dispersées dans des collections privées et relativement difficiles d'accès. La scénographie a été pensée comme une expérience immersive, avec des photos et affiches provenant de la Cinémathèque, et des costumes prêtés par des collectionneurs californiens. »De mannequin à icône hollywoodienne
Dès l'entrée, un film muet en 8 mm de treize secondes, The Girl (1946), révèle Marilyn à 20 ans lors d'une séance photo, préfigurant son aura future. De nombreuses couvertures de magazines rappellent qu'avant de devenir comédienne, elle fut mannequin, notamment celle du Life Magazine d'octobre 1949, qui lui valut un contrat de sept ans avec la Twentieth Century Fox.
Devenue la « propriété » du studio, Marilyn Monroe fut modelée par son employeur : son nez, son menton et sa mâchoire furent retouchés, ses cheveux teints en blond. Le département publicité de la Fox en fit « un produit de consommation », l'associant à l'essor de l'industrie cosmétique. Son émergence coïncida avec la publication du second rapport Kinsey sur la sexualité féminine en 1953, marquant une époque de transformations sociales.
Scandales et engagement féministe pionnier
L'exposition dessine le portrait d'une femme dont la modernité contrastait avec l'Amérique puritaine. En décembre 1953, elle posa nue dans le premier numéro de Playboy, ne portant que du parfum Chanel n°5, déclenchant un scandale. Florence Tissot explique : « Ces photos, prises en 1949 avant sa célébrité, furent publiées sans son autorisation. Marilyn assuma cette nudité, invoquant ses origines modestes pour mettre fin à la polémique. »
Marilyn Monroe s'inscrivit aussi dans une norme dominante (blanche et blonde) durant les années 1950, une période de ségrégation raciale. Elle soutint Ella Fitzgerald, interdite dans les lieux prestigieux, et dénonça les prédateurs de Hollywood dans le magazine Motion Picture and Television, devenant ainsi une pionnière féministe.
Héritage culturel et voyages posthumes
L'exposition met en lumière d'autres moments clés : son voyage en Corée en 1954 pour soutenir les GI, ses cours à l'Actors Studio en 1955, et la réplique de sa robe chair portée pour l'anniversaire du président John Fitzgerald Kennedy en 1962. Elle s'achève par une installation, La Nuit des 1 000 Marilyn, présentant ses héritières dans la pop culture, comme Madonna, Scarlett Johansson et Beyoncé.
Après Paris, l'exposition voyagera dans d'autres pays, notamment en Espagne début 2027, à Barcelone puis Madrid, prouvant que Marilyn Monroe n'est pas près de disparaître de notre paysage culturel.



