« L’Inconnue » : Léa Seydoux et Niels Schneider bluffants
« L’Inconnue » : Seydoux et Schneider bluffants

« L’Inconnue », le nouveau film d’Arthur Harari, sort en salles le 26 août et reçoit un accueil critique enthousiaste. Ce drame de body swap, porté par Léa Seydoux et Niels Schneider, est décrit comme « génial et déroutant » par la critique de Nicolas Schaller, publiée le 25 août 2026. Le film, qui dure 2h20, est une coproduction France-Italie-Canada.

Un body swap qui sort des sentiers battus

Le genre du body swap, qui repose sur l’interversion du corps et de l’esprit de plusieurs personnages, donne souvent lieu à des comédies légères comme « Dans la peau d’une blonde » ou « Didier ». Arthur Harari, lui, explore des zones grises et des défis artistiques. Son film « Onoda, 10 000 nuits dans la jungle », qui durait 2h47 et racontait l’histoire d’un soldat japonais ayant mené une guerre invisible pendant plus de trente ans, était déjà un exemple de cette approche.

Pour « L’Inconnue », Harari adapte la bande dessinée « Le Cas David Zimmerman », qu’il a coécrite avec son frère Lucas. Il reste fidèle à l’histoire originale tout en repensant complètement la forme. L’inconnue du titre est la jeune femme sur laquelle David, un photographe neurasthénique, a flashé lors d’un mariage. David passe ses journées en banlieue parisienne à photographier les mêmes endroits que son père des années auparavant, documentant ainsi les mutations urbaines.

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Un récit kafkaïen et sensoriel

L’histoire bascule lorsque David, après avoir couché avec l’inconnue rencontrée par hasard dans une soirée, se réveille dans le corps de celle-ci. Ce transfert reste inexpliqué : est-ce l’effet d’une drogue, d’un virus ou d’un sortilège ? Le film se présente comme un thriller kafkaïen qui semble se vider sous les yeux du spectateur. On y croise les spectres de « Sueurs froides », du cinéma de De Palma et de Wenders, mais Harari déshabille ces références de tout artifice pour créer un cauchemar cru.

Le film est à la fois ludique et lugubre, sensuel et décharné. Niels Schneider, qui incarne David, a perdu 20 kilos pour le tournage, ce qui lui donne une maigreur christique. Quand l’âme d’une adolescente échoue en lui, sa silhouette se pare d’une douceur féminine déroutante. La caméra d’Harari, qualifiée de « dysorgasmique », met en scène des contradictions entre désir et consentement.

Une mise en abyme queer et une performance marquante

Léa Seydoux, dans le rôle de David se découvrant femme, examine son corps nu, marqué par les effets de sa grossesse réelle. Cette mise en abyme queer interroge l’altérité et ce qui forge l’identité. Le dernier plan sur son visage, selon la critique, charrie un vertige inédit. Le film, s’il ne laisse pas le spectateur sur le carreau, le hante longtemps après la projection.

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