« Les Immortelles » : un hommage vibrant à l'amitié éternelle dans les années 1980
Le deuxième long-métrage de Caroline Deruas Peano, « Les Immortelles », sort neuf ans après L’Indomptée et plonge le spectateur dans un univers nostalgique et profondément émouvant. Dès l'ouverture, un avertissement oral lance : « Si vous ne croyez pas au pouvoir infini de l’amitié, cette histoire n’est pas pour vous. Vous pouvez encore quitter la salle. » Cette phrase donne immédiatement le ton d'un film qui explore les liens indéfectibles entre deux adolescentes.
Une histoire d'amitié et de perte sur les bords de la Méditerranée
L'intrigue se déroule dans les années 1980, sur les bords ensoleillés de la mer Méditerranée. Charlotte, interprétée par Lena Garrel, et Liza, jouée par Louiza Aura, sont deux adolescentes de 17 ans qui se sont juré fidélité pour l'éternité. Elles rêvent de faire carrière dans la musique à Paris, inspirées par leur idole, Catherine Ringer, la moitié du groupe mythique Les Rita Mitsouko. Leur quotidien est rythmé par la composition de morceaux, les échanges de mots en cours de philosophie, et des jeux innocents comme deviner le sexe des garçons qu'elles croisent.
Mais ce monde idyllique bascule lorsque Liza meurt subitement d'un accident vasculaire cérébral, laissant Charlotte désemparée et confrontée à un deuil brutal. Ce drame sert de pivot narratif pour explorer la résilience et la mémoire.
Une esthétique rétro qui évite la nostalgie facile
Avec ses tenues et coiffures rétro, son esthétique onirique et colorée, et sa bande-son pop synthétique typique des années 1980, « Les Immortelles » aurait pu tomber dans un piège de nostalgie superficielle. Cependant, Caroline Deruas Peano réussit à redonner à ce passé une urgence contemporaine. Le film aborde des thèmes sociaux et politiques avec une finesse remarquable.
Il dénonce les discours d'extrême droite de l'époque, tout en portant une attention particulière aux fluides féminins, comme les règles et la cyprine, souvent tabous au cinéma. La mixité et l'affirmation lesbienne sont présentées comme des données naturelles du récit, plutôt que comme des sujets à questionner, ce qui renforce l'authenticité des personnages.
Un casting solide et une réalisation audacieuse
Outre Lena Garrel dans le rôle de Charlotte, le film met en scène Emmanuelle Béart dans le personnage de Michèle, ajoutant une profondeur supplémentaire à cette histoire complexe. La réalisation de Caroline Deruas Peano est audacieuse, mêlant éléments dramatiques et poétiques pour créer une œuvre unique qui résonne avec les spectateurs d'aujourd'hui.
« Les Immortelles » est bien plus qu'un simple film sur l'adolescence ; c'est une célébration de l'amitié, de la mémoire et de l'identité, portée par une esthétique visuelle et sonore immersive. Un must-see pour ceux qui croient en la puissance des liens humains.



