Laurent Lafitte brille dans 'Alter ego', la comédie existentielle de Nicolas et Bruno
Le duo Nicolas et Bruno, célèbre pour ses programmes courts sur Canal+ comme Amour, gloire et débats d'idées et Message à caractère informatif, poursuit son exploration des obsessions identitaires avec leur nouveau film Alter ego. Cette comédie existentielle met en scène Laurent Lafitte dans un rôle double, incarnant un homme ordinaire qui doit subitement cohabiter avec une version améliorée de lui-même.
Des débuts télévisuels à la réalisation cinématographique
Après avoir fait leurs armes à la télévision, Nicolas et Bruno ont étendu leur créativité au cinéma avec des œuvres comme La Personne aux deux personnes en 2008, ainsi qu'à la scène théâtrale. Leur parcours artistique est marqué par une constante : l'analyse des troubles de l'identité à travers l'humour et l'absurde.
Genèse d'un projet entre roman-photo et conte moderne
L'origine du film Alter ego remonte à une idée de roman-photo théâtral, comme l'explique Nicolas : « Au départ, on voulait faire un roman-photo mettant en scène un chauve et son double avec un magnifique brushing, qu'on aurait projeté, doublé et bruité en direct au théâtre. » C'est grâce à l'intervention de leurs producteurs que le projet a évolué vers le format cinématographique.
Bruno décrit le film comme un conte moderne, soulignant : « C'est vrai qu'il y a un aller-retour permanent entre un quotidien absurde et une réalité qui renvoie à des constats collectifs plus insidieux. » Le duo utilise le rire comme point d'entrée pour aborder des thèmes profonds tels que la vie de couple, la performance sociale, la masculinité et la quête du bonheur.
Laurent Lafitte au cœur d'une réflexion sur la comparaison sociale
Dans Alter ego, Laurent Lafitte incarne avec brio Alex, un personnage dont l'existence est bouleversée par l'arrivée de son double idéal. Ce dispositif narratif sert de métaphore à l'obsession contemporaine de la comparaison permanente, devenue selon les réalisateurs une source de psychose collective.
Bruno précise : « Alex a un peu son fil Instagram qui vient s'installer à côté de chez lui et révèle ses failles. On est toujours le 'moins bien' d'un autre. » Cette observation met en lumière les pressions sociales exacerbées par les réseaux sociaux et la culture de la performance.
Le film propose ainsi une critique subtile mais incisive des mécanismes d'auto-évaluation et de la recherche incessante d'une perfection illusoire, tout en conservant une tonalité comique et accessible.



