« La Traversée de Paris » : Gabin, Bourvil et de Funès dans un chef-d'œuvre intemporel
« La Traversée de Paris » : un trio légendaire dans un chef-d'œuvre

« La Traversée de Paris » : un trio d'exception pour un film culte

Dans le Paris de l'Occupation, une virée nocturne autour de quatre valises pleines de côtelettes donne naissance à une amitié improbable. « La Traversée de Paris », réalisé par Claude Autant-Lara en 1956, reste un chef-d'œuvre absolu du cinéma français, porté par des dialogues acérés et un casting exceptionnel.

Un scénario signé par les plus grands

Le film s'appuie sur un scénario et des dialogues de Pierre Bost et Jean Aurenche, deux figures majeures du cinéma français. Ils se sont inspirés d'une nouvelle de Marcel Aymé, offrant une base solide à cette comédie dramatique. Pierre Bost, injustement oublié aujourd'hui, était également un romancier exceptionnel, auteur d'œuvres remarquables comme « le Scandale » (1931) et « Monsieur Ladmiral va bientôt mourir » (1945).

Un trio d'acteurs légendaires

Le casting réunit trois monstres sacrés : Jean Gabin, Bourvil et Louis de Funès. Cette distribution de rêve apporte au film une intensité et une authenticité rares. Chaque acteur incarne son personnage avec une justesse qui contribue à la magie de l'ensemble.

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Le réalisateur Claude Autant-Lara, bien que controversé pour ses engagements politiques ultérieurs, a su orchestrer cette œuvre avec un talent indéniable, captant l'essence même des relations humaines en temps de guerre.

Une profonde humanité au cœur de l'Occupation

Sur une trame narrative simple – deux hommes transportant de la viande clandestinement pendant la nuit – le film déploie une richesse émotionnelle extraordinaire. Chaque gag est doublé d'une émotion sincère, chaque réplique semble vive, naturelle et puissante.

Les scènes cultes s'enchaînent : les loups du zoo s'agitant au parfum de la viande, Bourvil jouant de l'accordéon, et bien sûr la fameuse réplique « Salauds d'pauvres ! » qui résume à elle seule l'ambiance du film.

Les dialogues restent dans les mémoires, comme cette tirade de Jean Gabin s'adressant à un cafetier : « Non mais, regarde-moi le mignon, là, avec sa face d'alcoolique et sa viande grise avec du mou partout, du mou, du mou, rien qu'du mou ! Mais tu vas pas changer d'gueule, toi, non ? Et l'autre, là, la rombière, la gueule engélatinée de saindoux ! Trois mentons, les nichons qui déballent sur la brioche ! 50 ans chacun, 100 ans pour le lot, 100 ans de connerie ! »

Ou encore : « Qu'est-ce que vous êtes venus faire sur Terre, vous n'avez pas honte d'exister ? Affreux, je vous ignore, je vous chasse de ma mémoire, je vous balaie ! »

Un film qui transcende les époques

En quatre-vingts minutes seulement, « La Traversée de Paris » parvient à tout dire : la tristesse de l'Occupation, les amitiés qui naissent par hasard en temps de guerre, l'humanité profonde qui sommeille chez les porteurs de boudin.

Ce cinéma, qui irritait les tenants de la Nouvelle Vague dans les années 1950, apparaît aujourd'hui dans toute sa splendeur. Soixante-dix ans après sa sortie, le film conserve toute sa force et son éclat, prouvant qu'il s'agit bien d'une œuvre intemporelle.

Diffusion : À voir ce soir à 21 heures sur Paris Première. Comédie dramatique de Claude Autant-Lara (1956) avec Jean Gabin, Bourvil et Louis de Funès. Durée : 1h20. Disponible à la demande sur M6+.

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