La Poupée : Vincent Macaigne face à une poupée sexuelle jalouse
La Poupée : Vincent Macaigne et sa poupée sexuelle jalouse

Vincent Macaigne dans une comédie absurde et touchante

Vincent Macaigne est gâté dans La Poupée de Sophie Beaulieu, présenté aux Festivals d'Angoulême et de l'Alpe d'Huez. Détruit par une rupture, il vit sa plus belle vie avec une « poupée sexuelle » jouée par Zoé Marchal avant d'intéresser une femme de chair et de sang incarnée par Cécile de France. Ce brave garçon, roi de la blanquette de veau, va se trouver bien embêté lorsque la beauté de plastique, jalouse, prend vie pour pourrir la sienne.

« J'ai commencé par avoir un peu peur du scénario, avoue Vincent Macaigne. Pour que cette histoire tienne la route, il fallait que le personnage de la Poupée soit totalement réussi car c'est celui qui raconte le plus de choses même politiquement. » Le naturel de Zoé Marchal, notamment repérée dans les séries Tapie et Les Lionnes, l'a pleinement rassuré. « Je trouvais que Vincent, que j'admirais beaucoup sans l'avoir jamais rencontré, dégageait le charme enfantin et la fragilité nécessaire pour jouer cet homme déboussolé », confie cette dernière.

Contre les idées reçues

Pour son premier long métrage, Sophie Beaulieu a choisi la forme d'un conte pour parler de la situation de femmes d'aujourd'hui. Son humour parfumé à l'absurde fait mouche tant elle a bien croqué ses héros, du trio principal à des personnages secondaires brillamment interprétés par Adèle Journaux, Marianne Basler et Gilbert Melki. « La Poupée incarne une sorte de petite amie parfaite, un fantasme tel que peut se l'imaginer un homme un peu âgé qui a été élevé par un père qui a encore plus d'idées reçues que lui », précise Vincent Macaigne.

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En devenant vivante, cette « femme idéale » provoque bien des soucis car elle adopte une attitude gênante en public à la façon d'une sauvageonne. Qu'elle apparaisse en nuisette à un barbecue ou raconte sa vie sexuelle plutôt librement, son naturel embarrasse. L'homme comprend assez vite que sa conception passéiste de la perfection féminine n'a pas grand-chose à voir avec la vraie vie. « La Poupée a une forme de logique basée sur ce qu'on attend d'elle, commente Zoé Marchal. On part d'une forme de rêve patriarcal pour en venir à une sorte de rébellion innocente qui finit par être bénéfique pour tout le monde. » Sa métamorphose place son entourage dans des situations fort réjouissantes.

Objet de désir

Sophie Beaulieu n'est certes pas la première à avoir joué avec une poupée objet de désir. Luis Garcia Berlanga dans Grandeur nature, Valérie Guignabodet pour Monique et Hirokazu Kore-eda pour Air Doll avaient déjà traité le sujet à leur façon. La réalisatrice prend le parti de la légèreté. Sa réflexion sur la solitude et les doutes que peuvent engendrer les rapports humains aborde ces thèmes sérieux avec une douceur de bon ton. « Je crois que tout le monde peut se sentir proche de ce que le film raconte, insiste Vincent Macaigne. La peur de s'engager et la crainte de souffrir sont des sentiments universels. » C'est pour cela qu'on prend un grand plaisir à s'amuser avec La Poupée.

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