Stanley Kubrick et « Shining » : la quête du film le plus effrayant du monde
Kubrick et « Shining » : la folie cinématographique

Stanley Kubrick et la folie cinématographique de « Shining »

Dans une ambition démesurée, Stanley Kubrick déclarait vouloir réaliser « le film le plus effrayant du monde » avec « Shining ». Cette œuvre, diffusée ce soir sur Paris Première et disponible sur M6+, plonge le spectateur dans un labyrinthe mental où la folie et le doute transcendent l'horreur conventionnelle.

Une adaptation qui s'éloigne du roman

Après le relatif insuccès de « Barry Lyndon », Kubrick se tourne vers le roman à succès de Stephen King. Mais là où l'auteur est un conteur populaire, le réalisateur est un perfectionniste obsessionnel. Le scénario, profondément retravaillé, s'écarte considérablement de l'œuvre originale, au point que Stephen King exprimera publiquement son insatisfaction.

Kubrick aborde ici le genre du « shocker », alors en vogue dans les années 1980, avec pour objectif de surprendre et de mettre le spectateur en état de choc permanent.

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Un tournage homérique et des conditions extrêmes

L'histoire suit Jack Torrance (Jack Nicholson), un écrivain en panne qui s'isole avec sa famille dans l'immense hôtel Overlook au Colorado. Très vite, il sombre dans une folie inquiétante que Kubrick explore avec une ironie caractéristique.

Le tournage fut une épreuve titanesque :

  • Onze mois de tournage, une durée exceptionnelle pour l'époque
  • Des conditions draconiennes imposées aux acteurs, notamment à Shelley Duvall
  • Jusqu'à 50 prises pour une même scène, poussant les interprètes à leurs limites

Kubrick utilise miroirs, labyrinthes et indices énigmatiques sans jamais fournir d'explications, créant ainsi une atmosphère hypnotique comparable à celle de « 2001, l'Odyssée de l'espace ».

Une réception critique contrastée et une postérité immense

À sa sortie en 1980, « Shining » reçoit un accueil mitigé. La Warner procède même à des coupes successives, réduisant le métrage de 146 à 119 minutes. Pourtant, le film n'a cessé de grandir dans l'estime des cinéphiles et des universitaires.

Son héritage est considérable :

  1. Des analyses psychanalytiques, structuralistes et philosophiques innombrables
  2. Un livre monstre de 2 198 pages publié chez Taschen à seulement 1 000 exemplaires
  3. Une révérence intacte pour Kubrick, vingt-sept ans après sa disparition

« Shining » reste fascinant par sa capacité à se réinventer à chaque visionnage, offrant à chaque fois un nouveau puzzle à résoudre. Une œuvre à redécouvrir ce soir sur Paris Première ou à la demande sur M6+.

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