Gérard Jugnot à Royan : entre souvenirs d'enfance et affaire criminelle
En tournée promotionnelle pour son dernier film « Mauvaise pioche », dont la sortie officielle est prévue le 1er avril 2026, Gérard Jugnot a fait une étape marquante à Royan, ce jeudi 12 mars 2026. Cette avant-première a réveillé chez le comédien des souvenirs personnels tout en lui permettant une rencontre inattendue avec une figure clé d'une célèbre affaire criminelle.
Des réminiscences charentaises
En visitant Royan, Gérard Jugnot s'est souvenu de ses vacances d'enfance dans la région, vers l'âge de 12 ou 13 ans. « Mes parents avaient loué une villa pour rejoindre des amis du côté de Vaux-sur-Mer et Saint-Palais-sur-Mer. Je me souviens de son nom : « O buffe ». En patois charentais, ça veut dire que ça souffle fort », a-t-il confié avec nostalgie. Le comédien évoque également l'institution Tartes aux prunes à Saint-Georges-de-Didonne, la pêche près du phare de Cordouan, et les carrelets qui bordent le littoral.
Avant la projection de son film au cinéma Le Lido, il a tenu à marcher dans les pas de l'adolescent qu'il était, se promenant du côté de Saint-Palais-sur-Mer. Cette étape de sa tournée a donc été empreinte d'une émotion particulière, mêlant promotion cinématographique et retour sur des lieux chargés de souvenirs.
Une rencontre fortuite avec l'ancien enquêteur
Lors de son passage à Royan, Gérard Jugnot a croisé Philippe Cussac, adjoint au maire de la ville et ancien commissaire central de Nantes en 2011. C'est ce dernier qui a démarré l'enquête sur la disparition de la famille Dupont de Ligonnès, dont les corps ont été retrouvés au 55 boulevard Schumann à Nantes. Cette affaire a partiellement inspiré, sur le ton de la comédie, le film « Mauvaise pioche ».
Les deux hommes ont discuté pendant quelques minutes de cette célèbre affaire, et plus particulièrement de la vraie fausse arrestation de Xavier Dupont de Ligonnès en octobre 2019. À cette occasion, Guy Joao, un ancien ouvrier de chez Renault, avait été pris pour le meurtrier par la police écossaise. « Pourtant, il avait la tête de Churchill et un doigt en moins. Après coup, les Écossais se sont fait chambrer », a souri Philippe Cussac en relatant cet épisode qui a provoqué un emballement médiatique.
Le film : une comédie inspirée de faits réels
Dans « Mauvaise pioche », Gérard Jugnot joue le rôle de Serge Martin, arrêté par erreur par la police qui le prend pour Thierry Durand de Solilès, l'homme le plus recherché de France. « C'est la base départ. Après, nous nous sommes éloignés de la réalité pour rester dans la comédie », explique le comédien, qui est également réalisateur du film. Il compare son œuvre à « des tablettes de chocolat noir aux noisettes. Les éclats de noisettes adoucissent l'amertume du chocolat noir ».
Le film, porté par un casting de renom incluant Thierry Lhermitte, Philippe Lacheau, Zabou Breitman, Jean-Pierre Darroussin, Michèle Laroque et François Morel, explore avec humour les travers des chaînes d'info en continu. « Le jour où l'information de la vraie fausse arrestation est tombée, j'ai reçu des tas de coups de fil pour avoir une réaction », raconte Philippe Cussac à Gérard Jugnot, illustrant l'impact médiatique de l'affaire.
L'affaire Dupont de Ligonnès : un cold case toujours vivant
Pour Philippe Cussac, Xavier Dupont de Ligonnès est toujours en vie. « Si ça se trouve, il va voir votre film en sirotant un mojito quelque part dans le monde… Il a eu le temps de tout planifier et de disparaître. Il avait 17 jours d'avance sur nous », suppose l'ancien policier, qui a suivi l'affaire jusqu'à la découverte des corps sous la terrasse de la maison nantaise.
Gérard Jugnot s'interroge quant à lui sur les motivations derrière la dénonciation de Guy Joao. Dans son film, c'est un ami joué par Thierry Lhermitte qui est à l'origine d'une mauvaise blague. « On a essayé de tricoter un truc qui n'a sans doute rien à voir avec la vérité mais c'est quand même très bizarre. C'est un truc de fou », commente le réalisateur.
Philippe Cussac vit encore avec ce cold case en tête, recevant régulièrement des signalements et des lettres anonymes. « Un gendarme à la retraite depuis dix ans m'a récemment téléphoné en me disant qu'il avait des photos. Il était dans un concert d'orgue et bombarde dans les Côtes-d'Armor et il pense avoir reconnu Xavier Dupont de Ligonnès juste derrière lui avec des cheveux gris », révèle-t-il. En treize ans, cette affaire a déclenché 1 750 signalements, témoignant de son impact durable sur l'opinion publique.



