Jeanne Bournaud évoque 'Sœurs et demie' sur France 2 : une collision affective inattendue
Jeanne Bournaud sur 'Sœurs et demie' : une collision affective

Jeanne Bournaud plonge dans une 'collision affective' avec 'Sœurs et demie' sur France 2

Après le succès de 'Apparences', Jeanne Bournaud change radicalement de registre en incarnant Anaïs Marchini dans 'Sœurs et demie', diffusé sur France 2. Ce téléfilm policier de 90 minutes présente une femme flic brillante mais profondément cabossée, mise à l'écart après une vidéo polémique sur les réseaux sociaux. Son existence bascule lorsqu'elle découvre l'existence d'une demi-sœur de 11 ans, Gabrielle, dont elle devient la tutrice légale sans l'avoir jamais rencontrée auparavant.

Une histoire de liens imposés et de famille possible

Dans une interview exclusive, Jeanne Bournaud révèle ce qui l'a séduite dans ce personnage complexe. 'Ce n'est pas une histoire de famille idéale mais plutôt une histoire de liens imposés', explique-t-elle. 'Deux êtres qui ne se seraient peut-être jamais choisis dans la vie, s'ils s'étaient rencontrés, mais qui doivent, là, inventer une façon d'exister ensemble. En fait, c'est une vraie collision affective, cette histoire-là.'

L'actrice insiste sur le réalisme de cette relation improbable : 'Ce n'est pas une fable rose, ce n'est pas un conte, c'est une histoire non pas d'une famille parfaite, mais d'une famille possible. Je trouvais ça très émouvant, très joli.'

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Anaïs Marchini : une femme abîmée aux défenses verrouillées

Le personnage d'Anaïs n'est pas préparé à cette collision affective inattendue. 'Elle n'a pas les armes pour accepter le personnage de Gabrielle. Elle la repousse même d'entrée', précise Jeanne Bournaud. Ce qui a particulièrement intéressé l'actrice, c'est la complexité de cette femme qui défie les stéréotypes féminins habituels.

'On vit quand même souvent une époque où les femmes, il faut qu'elles soient réparatrices, maternelles, douces, disponibles. Alors Anaïs, pas du tout. Elle est compétente, mais elle est abîmée, et puis elle est très fermée, très verrouillée', analyse-t-elle. 'Ce qui m'intéressait, c'était cette femme qui tient debout comme elle peut, avec ses angles morts, sa colère, sa fatigue, sa grosse peur du lien.'

Gabrielle : une enfant qui dérange plutôt qu'elle n'attendrit

Gabrielle, interprétée par la jeune Anna Blezo dans son premier rôle à l'écran, n'est pas une enfant ordinaire. 'On n'a pas un enfant qui est purement innocent, qui est décoratif, comme assez souvent dans les fictions', souligne Jeanne Bournaud. 'Gabrielle a sa propre intelligence, sa propre façon de tester, de résister, de comprendre des choses.'

L'actrice ajoute : 'Je trouve que cet enfant n'est pas là juste pour attendrir le récit, mais elle est plutôt là pour déranger. Enfin, en tout cas, déranger l'ordre établi d'Anaïs, faire tomber ses défenses.' Concernant sa jeune partenaire, Jeanne Bournaud exprime son admiration : 'C'est une petite fille qui est extrêmement sérieuse, qui a à cœur de bien faire, qui apprenait son texte, mais au cordeau.'

La collaboration avec Bénédicte Delmas et l'avenir de la collection

Le téléfilm est réalisé par Bénédicte Delmas, avec qui Jeanne Bournaud avait déjà collaboré sur 'Brigade du Fleuve'. 'C'est beaucoup plus facile, parce que je savais qu'elle me faisait confiance', confie l'actrice. 'Mais en même temps, elle est très exigeante, et à chaque fois, dans ses directions, elle est très juste, et le résultat se voit.'

Concernant l'avenir de 'Sœurs et demie', Jeanne Bournaud révèle : 'C'est pensé comme une collection de films de 90 minutes, comme Brigade du fleuve. L'écriture du deuxième épisode a été commandée par France Télévisions. Donc, on attend de voir ce que ça va donner en termes d'audience.'

Un travail minutieux sur l'apparence du personnage

L'équipe a effectué un travail approfondi sur l'apparence d'Anaïs pour refléter son état psychologique. 'On ne voulait pas qu'elle soit rigide, comme elle est abîmée. On ne voulait pas non plus qu'elle ait ce côté hyperféminin dans la séduction', explique Jeanne Bournaud.

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Le concept clé : 'On est parti du postulat qu'on reste émotionnellement coincé à l'âge de nos traumatismes. Son gros traumatisme, c'était évidemment le suicide de sa mère à ses 19 ans. En se disant que son traumatisme était à 19 ans, on s'est dit que cette fille est restée un peu coincée à cette étape-là.'

Résultat : 'C'est rester une éternelle ado, à la fois dans sa manière de vivre, dans sa manière de voir la vie, d'agir, de s'habiller. On cherchait un look qui fasse sens.' Le téléfilm 'Sœurs et demie' est diffusé ce mercredi 8 avril à 21h10 sur France 2 et disponible sur france.tv.