Le voyage secret de Jack Lang à Moscou avec Robert Maxwell
Le 20 juin 1990, avant le lever du soleil, Jack Lang, alors ministre de la Culture sous la présidence de François Mitterrand, a convoqué ses invités à l'aéroport du Bourget, en Seine-Saint-Denis. L'objectif était ambitieux : exporter la Fête de la musique en Union soviétique, avec un déplacement à Moscou organisé de manière grandiose.
Une délégation de prestige et un avion mystérieux
La délégation comprenait des vedettes telles qu'Eddy Mitchell, Charlélie Couture et Alain Delon, ainsi qu'un cinéaste chargé de documenter l'événement et une quinzaine de journalistes. Sur le tarmac, les participants ont découvert l'avion du voyage : un Boeing 727 privé, luxueusement aménagé avec un salon, une chambre et une salle de bains.
Interrogée sur l'identité du propriétaire de l'appareil, Monique Lang, l'épouse du ministre, a simplement répondu qu'il s'agissait d'un « ami ». Des diplomates français ont ensuite révélé aux invités stupéfaits que cet « ami » n'était autre que Robert Maxwell, le magnat des médias britannique.
Des liens anciens entre Jack Lang et Robert Maxwell
Jack Lang et Robert Maxwell se connaissaient déjà depuis plusieurs années. En 1987, leur collaboration s'était même intensifiée lors de la bataille pour la privatisation de TF1. Avec l'appui de Lang, Robert Maxwell et Francis Bouygues, patron du premier groupe mondial du BTP, avaient réussi à convaincre le président Mitterrand de les choisir pour acheter la première chaîne de télévision française.
Cette alliance illustre le mélange des genres entre politique et affaires, où le ministre socialiste et l'homme d'affaires, ancien député travailliste, ont uni leurs forces pour influencer une décision majeure dans le paysage audiovisuel français.
L'impact de ce voyage sur la diplomatie culturelle
Ce voyage à Moscou, organisé avec des moyens considérables, démontre l'importance que Jack Lang accordait à la diffusion de la culture française à l'international. En utilisant un avion prêté par Robert Maxwell, il a non seulement assuré le confort de sa délégation, mais aussi symbolisé les réseaux d'influence qui sous-tendaient certaines initiatives gouvernementales.
Cet épisode reste emblématique des relations entre le monde politique et les milieux d'affaires, révélant comment des personnalités puissantes pouvaient collaborer pour promouvoir des projets culturels tout en avançant leurs intérêts respectifs.



