« Hurlevent » : l'adaptation ratée d'Emerald Fennell
Le classique d'Emily Brontë revisité pour la génération new romance par Emerald Fennell, réalisatrice du tordu et malin « Promising Young Woman » ? Le résultat est une tambouille qui mijote durant 2h16 et n'exsude aucun fumet. Cette adaptation cinématographique, attendue en salles le 11 février 2026, déçoit profondément par son approche superficielle et son manque de subtilité.
Un roman-photo qui prête à rire
L'histoire d'amour est traitée avec la profondeur d'un roman-photo, clippée sur trois chansons originales de Charli XCX. Le ton oscillant entre le ridicule et le prétentieux ne parvient jamais à capturer l'essence tragique du texte original. Jacob Elordi, encore dans son personnage de « Frankenstein », adopte une voix caverneuse rappelant Christian Bale dans les « Batman » pour tenter de créer une atmosphère gothique, mais le résultat est plus comique que dramatique.
Des choix artistiques discutables
Certes, la direction artistique façon Peter Greenaway en Louboutin et l'approche satirique de la toxicité amoureuse ne sont pas sans piquant. Cependant, ces éléments sont noyés dans une surabondance de métaphores sexuelles maladroites. Les inserts insistants sur de la nourriture visqueuse – blancs d'œufs, pâte à tarte, poisson en gelée – deviennent rapidement lassants et contre-productifs.
La dérive artistique d'Emerald Fennell
Après le carton commercial mais artistiquement contesté de « Saltburn » (disponible sur Amazon Prime), Emerald Fennell semble s'enfoncer dans l'esbroufe pour midinettes de la génération Z. Margot Robbie, pourtant habituée à des rôles plus substantiels, peine à donner de la crédibilité à ce personnage vidé de sa complexité. La réalisatrice britannique semble avoir sacrifié la profondeur psychologique du roman au profit d'une esthétique tape-à-l'œil et de références culturelles superficielles.
Une occasion manquée
Cette adaptation de « Hurlevent » représente une occasion manquée de réinventer un classique de la littérature pour le public contemporain. Au lieu d'explorer les thèmes universels de passion destructrice, de vengeance et de rédemption, le film se contente d'une approche superficielle qui réduit l'œuvre à une simple parodie de romance gothique. Les amateurs du roman original comme les cinéphiles en quête d'une adaptation audacieuse risquent d'être doublement déçus par cette version qui rate sa cible sur tous les plans.



