Harry Lighton révèle les coulisses de 'Pillion', une œuvre queer percutante
Dans une interview exclusive, le réalisateur britannique Harry Lighton dévoile les intentions profondes derrière son premier long métrage, 'Pillion'. Présenté au 78e Festival de Cannes en mai 2025, ce film explore avec une finesse remarquable une relation queer faite d'emprise et d'abandon, se positionnant comme une anti-comédie romantique audacieuse.
Une adaptation littéraire aux accents personnels
Lighton adapte le roman 'Box Hill' d'Adam Mars-Jones, un choix qui pourrait surprendre pour un premier film. « Au départ, j'avais écrit un scénario original sur le sumo, mais la pandémie a empêché sa réalisation », confie-t-il. C'est BBC Film qui lui a proposé de lire cette œuvre, déclenchant un processus créatif intense.
Le réalisateur explique : « Je voulais questionner les dogmes du monde hétéronormatif ». À travers l'histoire de Colin, un homosexuel discret et frêle, et de Ray, un motard sculptural en cuir, Lighton décortique une dynamique dominant/dominé où Colin s'épanouit tout en réclamant des sentiments que Ray semble réticent à offrir.
Un processus créatif collaboratif et réfléchi
Lighton insiste sur l'aspect très collaboratif de son travail avec les acteurs, soulignant l'importance de leur contribution pour donner vie à ces personnages complexes. Le choix de la colorimétrie a été méticuleusement étudié, ajoutant une dimension visuelle qui renforce les thèmes du film.
Cette approche permet de transcender le simple récit pour interroger les normes sociales et relationnelles, offrant une perspective queer rafraîchissante et critique. 'Pillion' se distingue ainsi par sa capacité à mêler intimité et réflexion sociétale, dans un cadre cinématographique soigné.
Propos recueillis par Xavier Leherpeur, cette interview révèle un cinéaste engagé, utilisant son art pour bousculer les conventions et ouvrir le dialogue sur des sujets souvent tabous dans le paysage cinématographique contemporain.



