Le comédien François Damiens dénonce un harcèlement fiscal persistant en Belgique
Le fisc belge fait-il preuve d'un zèle excessif envers ses contribuables les plus en vue ? C'est en tout cas la conviction du comédien François Damiens, célèbre pour ses caméras cachées et ses rôles au cinéma. Invité de l'émission Clique sur Canal+, l'artiste belge a exprimé son sentiment d'être harcelé par les services des impôts de son pays, dévoilant une situation qui dure depuis une quinzaine d'années.
Un contrôle annuel depuis ses succès cinématographiques
« Moi, je suis contrôlé chaque année depuis 15 ans », a affirmé François Damiens face caméra, précisant que cette période correspond à ses succès marquants au cinéma. L'acteur a notamment brillé dans des films comme L'Arnacoeur, Rien à déclarer et le phénoménal La famille Bélier. « C'est chaque année. Je n'ai pas à m'en vouloir, je ne fraude pas. Mais ça peut devenir agaçant à un moment », a-t-il poursuivi, s'interrogeant sur les raisons de cette surveillance constante.
Le comédien insiste sur sa bonne foi fiscale : « Pourquoi vous me contrôlez à chaque fois ? Ça va, je paye suffisamment d'impôts et je paie ce que je dois… » Avant d'ajouter, avec une pointe d'amertume : « Il y a un côté vexant et je comprends qu'il y en ait qui s'excitent et se disent : “c'est bon, moi je dégage” ». Une allusion transparente aux célébrités qui choisissent de s'expatrier vers des cieux fiscaux plus cléments.
La tentation de l'exil fiscal et le sentiment d'injustice
« J'en connais autour de moi des gens qui disent, je vais foutre le camp, c'est plus possible », confie François Damiens, décrivant un climat qui pousse certains à la fuite. « Ça a un côté très désagréable. C'est comme si tu te faisais fouiller tous les jours dans la rue, tu te dis à un moment, ça va quoi… » Une comparaison forte pour illustrer son sentiment d'être constamment sous surveillance.
Se sent-il spécifiquement visé par ce qu'on pourrait qualifier de « chasse aux riches », à l'image de certaines stars françaises régulièrement montrées du doigt ? « Je ne sais pas, il y a peut-être une forme de jalousie », répond-il. « Peut-être qu'ils se disent : “il a la vie trop facile, on va un peu la lui compliquer”. » Une hypothèse qui le peine, lui qui explique avoir embrassé ce métier avant tout pour le plaisir et pour faire rire.
Une vocation de divertisseur et une éducation sans « esbroufe »
« Quelque part, ma fonction sur la terre, depuis que j'ai commencé à travailler, c'est de divertir les gens, d'essayer de leur faire penser à autre chose », souligne François Damiens. « Je le fais avec tout mon cœur et en étant le plus sincère possible ». Actuellement à l'affiche de la comédie Police Flash 80, il revient également sur son rapport à l'argent et sur l'éducation qu'il a donnée à ses deux enfants, aujourd'hui âgés de plus de vingt ans.
« J'essaie qu'ils se rendent compte en permanence de la chance qu'ils ont, de faire attention à ne pas blesser les gens par rapport à ce qu'on a », confie-t-il. Une philosophie qui guide son quotidien : « Je me prive souvent de trucs pour justement montrer qu'on ne gaspille pas, on fait attention, on n'est pas dans l'esbroufe, je ne flambe pas devant eux… » Une manière de préserver ses enfants des travers parfois associés aux « gosses de riches ».
Angèle également dans le viseur du fisc français
François Damiens n'est pas le seul artiste belge à subir une attention particulière des services fiscaux. En février dernier, on apprenait que la chanteuse Angèle faisait l'objet d'un important contrôle, cette fois de la part du fisc français. Bercy la soupçonne en effet d'avoir dissimulé des revenus sur le territoire hexagonal, arguant qu'elle y passerait la majorité de son temps.
Une accusation que son entourage a vivement démentie, précisant que sa société est établie en Belgique où elle « verse à l'État des contributions importantes », sans toutefois en révéler le montant. Un bras de fer fiscal qui demeure en cours, illustrant les tensions potentielles entre célébrités et administrations fiscales, que ce soit en Belgique ou en France.



