Harris Dickinson : une double carrière entre Lennon et le cinéma social
En 2028, Harris Dickinson incarnera John Lennon dans la biographie des Beatles réalisée par Sam Mendes, une consécration internationale pour le comédien britannique. Mais c'est derrière la caméra qu'il se révèle aujourd'hui avec Urchin, son premier long métrage qui a valu le prix du meilleur acteur à Frank Dillane dans la section Un certain regard du Festival de Cannes.
Un film ancré dans la réalité sociale londonienne
Urchin plonge dans la vie difficile de Mike, un jeune Londonien vivant dans la précarité, évoluant dans l'univers hostile de la City ou tentant de se reconstruire après un passage en prison. Harris Dickinson, engagé personnellement auprès des sans-abri, confie : « Mike est inspiré de nombreuses personnes que j'ai croisées, des gens parfois de bonne volonté mais retombant toujours dans des comportements destructeurs ».
Les influences cinématographiques d'un réalisateur passionné
Découvert comme comédien dans Sans filtre de Ruben Östlund et Babygirl d'Halina Reijn, Dickinson puise son inspiration dans le 7e art. « Mes expériences devant la caméra m'ont appris ce dont un acteur a besoin », déclare-t-il, citant John Cassavetes, Ken Loach, Mike Leigh et Leos Carax comme références majeures. Il ajoute : « Mon héros ne serait pas le même sans l'admiration que je porte à la performance de Denis Lavant dans Les Amants du Pont-Neuf ».
Un tournage intense au service du sujet
Pour ce premier film ambitieux, Dickinson n'a disposé que de vingt-huit jours de tournage sur quarante décors, une contrainte qu'il assume pleinement. « Cette urgence correspondait à mon sujet et au personnage qui ne parvient jamais à se poser », explique-t-il, soulignant que les difficultés du plateau se communiquaient naturellement aux situations filmées.
Urchin : un surnom qui révèle un caractère complexe
Le titre Urchin (oursin en anglais) est un surnom donné aux personnes vivant dans la rue, évoquant un caractère à la fois piquant et tendre. Frank Dillane incarne ce paradoxe avec brio, charmant et repoussant tour à tour. Dickinson insiste : « Il a fréquenté des associations d'aide aux personnes précaires pour comprendre leur itinéraire et donner plus de densité à sa prestation ».
Un cinéma anglais en prise avec le social
Entre fiction et documentaire, Urchin s'inscrit dans la tradition d'un cinéma anglais engagé. Harris Dickinson affirme avec modestie : « Je ne crois pas qu'un film puisse changer le monde, mais il peut aider à mieux le comprendre, ce qui n'est déjà pas si mal ». L'empathie qu'il suscite pour un héros pas toujours facile à aimer témoigne de son talent de réalisateur, une voie qu'on l'encourage à poursuivre après avoir incarné John Lennon.