À l'occasion de la sortie de son film « Sauve qui peut (la vie) », Jean-Luc Godard (1930-2022) se livrait longuement au « Nouvel Observateur » sur son métier de cinéaste, qu'il voyait moins comme un travail que comme un remède pour affronter l'existence. Il évoquait avec franchise sa vision d'un monde désenchanté.
Un deuxième premier film
« C'est mon deuxième premier film », disait Jean-Luc Godard à propos de « Sauve qui peut (la vie) », qui venait de sortir sur les écrans parisiens. Il y avait longtemps que l'auteur d'« À bout de souffle » et de « Pierrot le Fou » n'avait pas parlé. Il l'a fait longuement, et à sa manière, inimitable, avec Catherine David.
Du vedettariat à l'ultragauche, de la provocation à la fausse retraite en Suisse, son pays d'origine, l'itinéraire du plus curieux des cinéastes français a toujours défié les prévisions. Le voici aujourd'hui tel qu'en lui-même, déroutant, prophétique, refusant les concessions au « système » et réinventant le cinéma, son cinéma à lui, sa propre vie.
Un monde désenchanté
Nous sommes tous ou presque des personnages du dernier film de Godard, tous un peu paumés, écartelés de l'intérieur, juxtaposés, contradictoires, tous un peu putes, un peu hommes, un peu femmes, tous pervers, salauds, malheureux, indifférents, errant au hasard de nos désirs intermittents dans une société en pleine mutation. Godard, avec sa lucidité tranchante, mettait en lumière les paradoxes de l'existence moderne.
Dans cet entretien, il abordait sans détour la place de la sexualité dans le travail, affirmant qu'il y a « une part énorme de sexualité dans le travail ». Une déclaration qui résonne encore aujourd'hui, tant elle interroge les rapports entre création, désir et société.
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