Sur notre fauteuil, impossible de ne pas nous sentir un peu voyeur, nous aussi ! Car avec son nouveau film Histoires parallèles, présenté en compétition au Festival de Cannes 2026, l'Iranien Asghar Farhadi multiplie les angles et points de vue pour pénétrer l'intimité d'autrui. Par les fenêtres, télescope et trous de serrures, il titille notre curiosité au fil d'un script diaboliquement ciselé.
Un casting cinq étoiles pour un jeu de miroirs
Treize ans après Le passé, le cinéaste pose à nouveau sa caméra dans la capitale et continue d'explorer les complexités de la psyché humaine. Ici, c'est à qui épiera qui. Retranchée dans son appartement, une écrivaine misanthrope et acariâtre interprétée par Isabelle Huppert extrapole les relations sentimentales entre ses voisins d'en face – Vincent Cassel, Pierre Niney et Virginie Efira – pour nourrir son imaginaire et écrire son nouveau roman.
Venu l'aider à débarrasser son capharnaüm, Adam (Adam Bessa) se prend également au jeu en s'appropriant les écrits de son hôte pour entrer en interaction avec les réels intéressés. D'où un doute qui s'instille en chacun d'eux : et si la réalité dépassait la fiction ?
Entre thriller et réflexion sur la création
Thriller policier, drame sentimental, réflexion sur la création ? Dans ce machiavélique jeu de faux-semblant, on pense à Hitchcock (Fenêtre sur cour) quand les personnages citent Monsieur Hire de Simenon. De quoi nous impliquer en permanence dans cette intrigue à tiroirs, à l'image du cerveau humain, sans doute.
Notre avis : 3/5. En salles.



