Eurovision 2024 : le groupe croate Lelek crée la polémique avec ses tatouages
Eurovision : le groupe croate Lelek fait polémique avec ses tatouages

Le groupe ethno pop Lelek, représentant la Croatie, participera à la première demi-finale de l’Eurovision ce mardi, en espérant décrocher l’un des dix billets qualificatifs pour la finale de samedi. Leur chanson, Andromeda, puise dans les racines folkloriques des Balkans et délivre un message sur « la peur, la douleur et la résilience transmises de mère en fille », comme le résume le site Hrvatski Vjesnik.

Une performance intense aux tatouages controversés

Sur la scène de la Wiener Stadthalle, les cinq artistes livreront une performance très intense tout en arborant, sur leurs visages et leurs bras, des (faux) tatouages. Ces symboles font grincer des dents en Turquie. Plusieurs médias turcs voient dans ce choix artistique une offense évoquant une hostilité historique envers l’Empire ottoman.

L'origine des sicanje

Ces encrages sont une référence aux « sicanje », les tatouages traditionnels que se faisaient faire les jeunes catholiques en Croatie et en Bosnie-Herzégovine, notamment à l’époque de la domination ottomane. « Ces motifs ont pour but symbolique de protéger les héritages catholiques des communautés face aux constantes colonisations de leurs territoires », expliquait un article de la RTBF en 2022.

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Selon les ethnologues, les sicanje peuvent avoir plusieurs interprétations :

  • Revendication de la foi chrétienne
  • Endurance à la douleur
  • Simple aspect ornemental
  • « Bouclier » contre les mariages forcés et les conversions imposées à l’islam redoutés à l’époque de l’Empire Ottoman

Un message universel

« Nos mères n’ont pas enfanté des esclaves », chante le groupe dans sa chanson, dont les paroles ne font pas explicitement référence à un fait historique. « Les femmes se faisaient tatouer pour échapper à l’esclavage. Elles marquaient leur identité sur leur corps pour toujours. Ces tatouages font partie de notre culture et de notre histoire », a déclaré Korina Olivia Rogić, l’une des membres de Lelek, en interview sans entrer dans les détails.

Le titre d’Andromeda se réfère à la mythologie grecque, Andromède symbolisant la force des femmes sacrifiées. C’est donc plutôt un message universel que les Lelek souhaitent transmettre, tout en mettant en valeur cet aspect bien particulier de la culture balkanique.

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