Le 13 mai 1981, à 17 h 19, le pape Jean-Paul II est victime d'une tentative d'attentat sur la place Saint-Pierre, au Vatican. Trois jours après l'élection de François Mitterrand en France et deux jours après la mort de Bob Marley, cet événement bouleverse le monde entier.
Le déroulement de l'attentat
Alors que le pape effectuait son tour de la place Saint-Pierre à bord d'une Jeep blanche décapotable, des coups de feu éclatent. Touché par trois balles, Karol Wojtyla s'effondre dans les bras de ses collaborateurs. Deux touristes américaines sont légèrement blessées. Le tireur, un Turc nommé Mehmet Ali Ağca, est immédiatement arrêté par une religieuse. Il semble hébété en réalisant que le pape n'est pas mort.
La papamobile regagne en urgence le palais apostolique, et le pape est transporté à la polyclinique Gemelli. Après une longue opération, il est déclaré hors de danger.
Réactions internationales
L'attentat suscite une vague d'émotion et de condamnation à travers le monde. François Mitterrand, tout juste élu président de la République française, exprime son indignation et adresse ses vœux de rétablissement au pape. De nombreuses personnalités politiques, dont Ronald Reagan, Kurt Waldheim et Valéry Giscard d'Estaing, condamnent l'acte.
Les pistes de l'enquête
Plusieurs hypothèses sont avancées quant aux commanditaires de l'attentat. La piste soviétique et la filière bulgare sont évoquées, en raison des tensions entre Moscou et le Vatican, mais aucune preuve formelle n'a jamais été apportée.
Un second attentat et le pardon
Le 13 mai 1982, un an après, le pape est de nouveau agressé à Fatima, au Portugal, par un prêtre espagnol ultraconservateur qui le blesse légèrement. Cet incident ne sera révélé qu'en 2008. En 1983, Jean-Paul II rend visite à Mehmet Ali Ağca en prison et lui accorde son pardon. Ağca, membre des Loups gris, est condamné à perpétuité en Italie, puis gracié en 2000 et libéré en 2010 après près de 29 ans de détention.



