La ville de Cannes s'apprête à accueillir à partir de mardi la 79e édition du festival de cinéma, marquée par une compétition internationale et des enjeux économiques majeurs pour la filière. Pas encore de tapis rouge, mais déjà des fans en quête de stars : Cannes se prépare lundi à accueillir le plus grand festival de cinéma au monde et sa course à la Palme d'or, avant l'ouverture officielle mardi soir.
Une compétition prestigieuse
Les cinéastes Pedro Almodovar, James Gray, Asghar Farhadi ou Jeanne Herry font partie des 22 réalisateurs en compétition attendus sur la Croisette. Ils seront accompagnés des acteurs Javier Bardem, Scarlett Johansson, Léa Seydoux ou Cate Blanchett, qui viendront apporter une touche glamour. « Chaque année, c'est magique. Chaque année, on a de grandes stars », raconte Jo Morpelli, un retraité français venu installer son escabeau à proximité du Palais des festivals où sera déroulé mardi le tapis rouge. « On aime les acteurs et on se dit : Tiens, pourquoi on ne va pas les voir en vrai pour leur parler et les photographier surtout ? »
Une affiche controversée
Sur l'emblématique bâtiment de la Croisette, l'immense affiche officielle du festival représentant « Thelma et Louise », les héroïnes du road movie féministe de Ridley Scott, incarnées par Geena Davis et Susan Sarandon en 1991, a été déployée dès dimanche. Ce choix a été critiqué par le collectif féministe 50/50, qui milite pour plus d'inclusion dans le cinéma, considérant qu'il s'agit de « feminism washing » vu la faible proportion de réalisatrices en lice pour la Palme d'or, soit cinq pour 22 films.
Un jury présidé par Park Chan-wook
Le jury, présidé par le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook, doit arriver lundi dans la journée et devra, à l'issue de la quinzaine le 23 mai, désigner le successeur d'« Un simple accident » du cinéaste iranien Jafar Panahi, Palme d'or l'an dernier. Parmi les neuf membres du jury, la star américaine Demi Moore sera l'une des plus scrutées pour son retour à Cannes après la sensation « The Substance », projeté en compétition en 2024 et qui l'avait remise sur le devant de la scène.
Retombées économiques majeures
Près de 40 000 festivaliers accrédités et des dizaines de milliers de visiteurs sont attendus tout au long de la quinzaine. L'événement représente 20 % du chiffre d'affaires annuel des hôteliers cannois et génère plus de 200 millions d'euros de retombées économiques, selon les estimations de la mairie.
Cérémonie d'ouverture
La cérémonie d'ouverture, animée par l'actrice française Eye Haïdara, aura lieu mardi soir. Les chanteuses Theodora et Oklou sont annoncées pour interpréter une chanson des Beatles. Le réalisateur néo-zélandais de la trilogie du « Seigneur des anneaux », Peter Jackson, en sera l'invité de marque, pour recevoir une Palme d'or d'honneur célébrant l'ensemble de sa carrière. Le long-métrage du Français Pierre Salvadori « La Vénus électrique », une ode à l'illusion dans le Paris forain des années 1920, avec Pio Marmaï et Anaïs Demoustier, sera ensuite projeté hors compétition. La course aux récompenses s'ouvrira mercredi avec le film « Quelques jours à Nagi » du Japonais Fukada Koji.
Absence de blockbusters
En revanche, après les avant-premières mondiales de « Mission : Impossible » ou « Top Gun » ces dernières années, aucun blockbuster inédit n'est programmé pour cette 79e édition. Ni « Disclosure Day » de Steven Spielberg, ni « The Odyssey » de Christopher Nolan, n'ont souhaité faire étape sur la Croisette. Idem pour le nouveau volet de la saga Star Wars « The Mandalorian and Grogu », avec Pedro Pascal et Sigourney Weaver.
« En dehors du cinéma des studios, un cinéma indépendant, un cinéma ailleurs qu'à Los Angeles, continue d'exister », avait insisté Thierry Frémaux, délégué général du festival, en avril, en dévoilant sa sélection. Dans une interview au magazine américain « Variety », il avait aussi rappelé que « l'industrie traverse une énorme tempête. Avant, il y avait deux blockbusters par mois. Maintenant, il y en a moins ».
Même constat pour le patron du Centre national du cinéma, Gaëtan Bruel. « Nous vivons un moment de grand danger pour la filière, avec une crise d'ampleur mondiale qui n'épargne pas la France », a-t-il rappelé dans une interview au « Figaro ». Il a appelé à défendre le modèle de financement du cinéma français, « l'une des rares industries où la France est encore dans le top 3 mondial ».



