Pierre Carles dénonce l'injustice faite à Georges Abdallah dans un documentaire engagé
Documentaire sur Georges Abdallah : une injustice dénoncée

Un documentaire percutant sur une figure controversée

Le réalisateur gardois Pierre Carles signe un film intitulé Dans les oubliettes de la République : Georges Abdallah, projeté en avant-première ce dimanche 19 octobre au festival Cinemed de Montpellier. Ce documentaire dénonce une intoxication politico-médiatique lors de la condamnation à perpétuité de Georges Ibrahim Abdallah en 1986, le qualifiant d'injustice flagrante.

Une libération tardive après des décennies de détention

Georges Abdallah, libéré le 25 juillet dernier après quarante ans et neuf mois de prison et expulsé vers le Liban à 74 ans, est décrit par Pierre Carles comme le plus ancien prisonnier politique de France et d'Europe. Le cinéaste souligne le scandale que représente, selon lui, cette longue détention dans un pays se vantant d'être la patrie des droits de l'homme.

Le film explore les circonstances de son arrestation à Lyon en 1984 et sa condamnation en 1987 pour complicité d'homicide volontaire, liée aux assassinats d'un attaché militaire américain et d'un agent du Mossad. Pierre Carles remet en cause la présentation d'Abdallah comme terroriste, arguant qu'il s'agit d'une injustice commise à son égard.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des difficultés de production et une indépendance revendiquée

Pierre Carles révèle que le documentaire a été refusé par des chaînes de télévision, notamment Arte, qui a invoqué un prétexte fallacieux selon lui. Il explique que le sujet, traitant d'une figure perçue comme terroriste, effraie les diffuseurs. Le film ne sortira en salles qu'en 2026, sous réserve de trouver un distributeur pour couvrir les coûts, notamment ceux des archives de l'Ina.

Le réalisateur, connu pour son esprit insoumis et son travail sur des causes militantes, comme son documentaire sur Jean Lassalle ou sur les Farc, insiste sur l'indépendance de son approche. Il affirme : Engagé ne signifie pas forcément menteur, précisant qu'il n'a jamais dissimulé d'informations et que son film vise à démonter les fake news entourant cette affaire.

Un contexte politique complexe et des répercussions internationales

Le documentaire interroge les acteurs de l'époque, dont des politiques, magistrats et journalistes, pour comprendre pourquoi Abdallah est resté emprisonné un quart de siècle après être devenu libérable en 1999. Pierre Carles avance la thèse que les États-Unis ont fait pression pour empêcher sa libération, à laquelle la France aurait cédé.

Il compare Abdallah à une sorte de Nelson Mandela libanais, fidèle à ses engagements de jeunesse tout en évitant d'attiser les conflits. Le film montre aussi son retour au Liban, où il a été accueilli en héros et a tenu des propos sur la lutte palestinienne, saluant des figures comme Greta Thunberg tout en critiquant l'absence de résistance dans certains pays arabes.

Une projection attendue et un débat sur la mémoire collective

La projection au Cinemed de Montpellier représente un moment clé pour ce documentaire, qui vise à susciter le débat sur les erreurs judiciaires et les manipulations médiatiques. Pierre Carles espère que son œuvre contribuera à une réflexion plus nuancée sur cette affaire, en mettant en lumière les aspects souvent occultés par les grands médias.

Ce film s'inscrit dans la lignée des travaux du réalisateur, toujours axés sur la critique des médias et l'exploration des marges de la société. Il rappelle que l'indépendance est essentielle pour aborder des sujets sensibles sans tomber dans l'instrumentalisation.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale