« La France de l'entre-deux-guerres » : immersion dans les années 1920
Ce soir à 22 heures sur Public Sénat, le documentaire « La France de l'entre-deux-guerres » de Romain Icard propose un voyage dans le temps. Réalisé en 2018, ce film de 52 minutes explore les profondes mutations de la société française entre la Première Guerre mondiale et la crise de 1929, tout en évoquant l'ombre grandissante de la Seconde Guerre mondiale.
Une France dévastée qui se relève
Le documentaire s'ouvre sur un constat saisissant : en juillet 1919, alors que Paris célèbre le premier anniversaire de la victoire, de nombreuses régions françaises ressemblent à des champs de ruines. À Noyon dans l'Oise, un journaliste découvre une ville morte où seules 23 maisons sur 1 800 sont encore habitables. À Verdun, plus aucun champ n'est cultivable. À l'échelle nationale, les chiffres sont accablants : 60 000 kilomètres de routes impraticables, 450 000 maisons rasées et 2 millions d'hectares de terres agricoles à remettre en état.
Comment cette France victorieuse mais dévastée va-t-elle se reconstruire ? Romain Icard répond à cette question en entremêlant destins individuels et grande Histoire. Grâce à un montage d'archives filmées inédites et souvent très émouvantes, le réalisateur nous immerge dans la vie quotidienne de nos arrière-grands-parents et grands-parents. Il montre comment, collectivement, les Français ont œuvré à la reconstruction de leur pays et au changement de la société.
Les bouleversements sociaux et culturels
La première décennie de l'entre-deux-guerres est marquée par des transformations radicales. L'industrie remplace progressivement l'artisanat, tandis que le monde rural est délaissé au profit des villes. Les paysans, majoritaires avant la guerre, deviennent des ouvriers et des banlieusards. La modernité étend son influence et modifie les usages : hommes et femmes découvrent une nouvelle forme de servitude sur les chaînes de montage automobile, produisant des véhicules qu'ils ne pourront jamais s'offrir.
Les femmes travaillent autant que les hommes, mais leur émancipation complète devra encore attendre. Le dimanche, la classe populaire valse sur les bords de Marne, tandis qu'à Pigalle et à Montparnasse, des fêtes délurées au rythme du jazz venu d'Amérique donnent à Paris sa réputation d'excentricité. Cette période insouciante, connue sous le nom d'Années folles, semble pourtant promise à un avenir radieux.
Le krach de 1929 et la fin de l'insouciance
Le 24 octobre 1929, le krach de Wall Street vient brutalement mettre un terme à cette allégresse. La crise économique balaie l'insouciance des Années folles, et la misère fait son retour dans de nombreux foyers français. Durant cette seconde décennie de l'entre-deux-guerres, les ressorts des luttes sociales qui marqueront le siècle se mettent en place. Mais dans ce contexte difficile, la tentation fasciste commence également à faire son apparition, annonçant les sombres années à venir.
Romain Icard réussit le pari de raconter cette période complexe avec une grande sensibilité, en donnant la parole aux archives et aux témoignages visuels. Son documentaire montre comment, entre reconstruction et mutations sociales, la France des années 1920 a posé les bases de la société moderne tout en portant en germe les conflits du siècle.
« La France de l'entre-deux-guerres » est à découvrir ce vendredi 3 avril à 22h00 sur Public Sénat. Le documentaire de Romain Icard (2018, 52 minutes) sera également disponible en replay sur le site de la chaîne.



