Une pépite télévisuelle de 1967 ressuscitée sur grand écran en Camargue
L'Association Grand Ecran pour tous a offert une plongée historique dans la culture camarguaise en projetant, lundi 16 février, un documentaire exceptionnel produit par la BBC en 1967. Cette séance spéciale s'est déroulée au cinéma Marcel-Pagnol dans le cadre des Lundis de l'Agept, attirant un public curieux de découvrir cette œuvre longtemps oubliée.
Un film rare sur la bouvine et les traditions camarguaises
Le documentaire, intitulé "Un taureau nommé Marius", a été réalisé par Christopher Parsons et écrit par le célèbre naturaliste Gerald Durrell. Il raconte une histoire imaginaire centrée sur la bouvine, cette tradition tauromachique propre à la Camargue. Tourné en noir et blanc, le film dépeint avec poésie les paysages camarguais au fil des saisons, offrant un témoignage visuel précieux sur une époque révolue.
Bernard Raynaud, président de l'association Les Écrans britanniques et irlandais, a joué un rôle clé dans la redécouverte de cette pépite. "J'ai eu la chance de dénicher ce film dans les archives de la BBC", explique-t-il. "En proposant des sous-titres en français, nous avons pu le rendre accessible au public local et partager ce patrimoine audiovisuel unique."
Les témoignages des acteurs de la bouvine
La projection a été enrichie par les interventions de figures emblématiques de la bouvine. Béranger Aubanel, manadier respecté, a souligné l'importance des gardians et de la préservation des traditions. "Ce documentaire rappelle notre devoir de maintenir une éthique d'élevage respectueuse des taureaux et de transmettre cet héritage aux générations futures", a-t-il déclaré.
De son côté, Loïc Auzolle, raseteur célèbre et quadruple vainqueur du trophée des As, a insisté sur la vitalité de cet art. "La bouvine n'est pas un folklore figé, c'est une pratique vivante qui continue d'évoluer tout en honorant ses racines", a-t-il affirmé.
Un intérêt toujours actuel pour le public
Malgré ses presque soixante ans, le documentaire a suscité un vif intérêt parmi les spectateurs. Son approche narrative et esthétique, combinée à sa valeur historique, en fait une œuvre intemporelle. La projection a ainsi permis de rappeler que la culture bouvine reste un pilier identitaire de la Camargue, mêlant respect des animaux, traditions équestres et passion populaire.
Cette initiative de l'Association Grand Ecran pour tous démontre l'importance de valoriser les archives audiovisuelles. En exhumant ce film rare, elle contribue à enrichir la mémoire collective et à offrir une nouvelle visibilité à un pan méconnu du patrimoine camarguais.



