« Dégel », le nouveau film de la cinéaste chilienne Manuela Martelli, présenté au Festival de Cannes dans la section Un certain regard, sort en salles le 26 août. La critique de Xavier Leherpeur lui attribue deux étoiles sur quatre, saluant un projet courageux mais desservi par un symbolisme trop appuyé.
Une enquête enfantine dans le Chili de 1992
L'action se déroule au Chili, en 1992, quatre ans après le début de la reconstruction démocratique du pays. Inès, une fillette de 9 ans, vit recluse dans l'hôtel tenu par ses grands-parents, situé dans une station de ski. Sa mère est partie pour s'occuper du transport d'un iceberg. La jeune fille se lie d'une amitié fétichiste avec une athlète allemande, qui disparaît mystérieusement.
Ce synopsis sert de point de départ à une réflexion sur les séquelles de l'ère Pinochet. Le précédent long-métrage de la réalisatrice, « Chili 1976 », abordait déjà la dictature, mais de manière plus frontale selon le critique.
Un symbolisme jugé trop lisible
Xavier Leherpeur estime que « Dégel » pèche par un excès de symbolisme. Il cite notamment l'immaculé de la neige, utilisé comme métaphore de la mémoire effacée, ainsi que les articulations appuyées autour du silence des disparus et de l'impunité de la bourgeoisie.
La mise en scène austère de Manuela Martelli contribue à rigidifier son propos, selon le critique. Le film, d'une durée de 1h48, met en scène Maya O’Rourke, Saskia Rosendahl et Maia Rae Domagala.
Un constat critique mitigé
Malgré ces réserves, le critique reconnaît le courage du projet, qui s'attaque à une période douloureuse de l'histoire chilienne. La note de deux étoiles sur quatre reflète un avis partagé entre la pertinence du sujet et les faiblesses de son traitement cinématographique.
Le film sortira en salles le 26 août, permettant au public de découvrir cette œuvre qui interroge la mémoire et l'oubli, à travers le regard d'une enfant.



