Le nouveau film d'animation d'Alberto Vázquez, «Decorado», sort en salles ce mercredi. Le réalisateur espagnol y dépeint une société rongée de l'intérieur, peuplée de souris dépressives et de personnages en proie à l'angoisse existentielle. Le film, qui a remporté le prix du jury au festival d'Annecy, propose une satire noire et poétique du monde contemporain.
Une fable animée sur la dépression et la société
«Decorado» suit le quotidien d'une souris qui travaille dans un bureau, entourée de collègues également dépressifs. L'animal, rongé par l'ennui et l'absurdité de son existence, cherche un sens à sa vie. Le film, adapté de la bande dessinée éponyme d'Alberto Vázquez, mêle habilement humour noir et mélancolie.
Le réalisateur, connu pour «Birdboy : Les oubliés d'Animale» et «Unicorn Wars», utilise ici un style graphique singulier, entre expressionnisme et onirisme. Les décors, souvent délabrés, reflètent l'état d'esprit des personnages. La musique, signée par des artistes comme La Bien Querida, renforce l'atmosphère oppressante.
Un regard acéré sur le monde du travail et l'aliénation
Le film critique avec virulence le monde du travail moderne, où les individus sont réduits à des tâches répétitives et dénuées de sens. La souris protagoniste, comme ses collègues, semble prisonnière d'un système qui la broie. Vázquez dénonce également la pression sociale à la performance et le culte de la productivité.
«Decorado» s'inscrit dans la lignée des œuvres de l'artiste, qui explorent les thèmes de la violence, de la folie et de la décadence. Le film, d'une durée de 82 minutes, a été présenté en compétition officielle au festival d'Annecy, où il a reçu une mention spéciale du jury. Il a également été sélectionné dans de nombreux festivals internationaux, dont le Festival du film d'animation de Stuttgart.
Une œuvre poétique et désespérée, mais non dénuée d'espoir
Malgré son sujet sombre, «Decorado» n'est pas totalement nihiliste. Le film laisse entrevoir des moments de tendresse et de poésie, notamment à travers la relation entre la souris et un oiseau. Cette lueur d'espoir, bien que ténue, permet au spectateur de respirer au milieu de tant de désolation.
Le film, produit par les sociétés espagnoles Uniko et Basque Films, sort en France distribué par Les Films du Losange. Il est à découvrir dans les salles obscures dès aujourd'hui. Une œuvre exigeante, qui ne laissera personne indifférent et qui interroge notre rapport au monde et à nous-mêmes.



